Au sommaire :
- Éditorial – p. 2
- Communiqué de l’Institut “Mater Boni Consilii”: Annonces imprudentes – p. 4
- La “profession de foi” que la FSSPX a envoyée à Prevost et aux cardinaux le 24 juin est la profession de la foi de la Fraternité, non celle de la Tradition – p. 76
- Nous sommes assis … – p. 11
Rappel : Les numéros de notre revue Sodalitium sont disponibles sur notre site, depuis le numéro 38.
Éditorial
Le numéro 76 de Sodalitium était déjà en chantier, avec plusieurs études, articles et recensions, et une attention particulière à la grave menace pesant sur la présence chrétienne en Terre Sainte et au proche Orient, quand nous nous sommes trouvés confrontés à la nécessité de publier au plus vite deux courts documents sur l’actualité de l’Église et du prétendu monde traditionnel ainsi qu’une volumineuse étude de l’abbé Coradello sur la confession sacramentelle. Aussi, avons-nous préféré renvoyer après l’été le numéro ‘ordinaire’ de la revue, qui deviendra donc le n° 77, et faire paraître avant ce numéro ‘spécial’.
Pour ce qui est de l’actualité, nous publions une brève déclaration de notre Institut relativement à deux “annonces imprudentes” concernant précisément l’Église et le monde “traditionaliste” : l’annonce de nouvelles consécrations épiscopales au sein de la Fraternité Saint-Pie X le 1er juillet 2026, et une courte analyse de la “profession de Foi” du 24 juin de la même Fraternité (chose déjà en soi un peu anormale puisque les professions de Foi, généralement, sont rédigées par l’Église afin que les fidèles et les instituts religieux y adhèrent). L’autre annonce examinée, et qui – nous l’espérons – restera dans le monde des idées, est celle de la convocation éventée d’un “Concile général imparfait” de la part de certains évêques “conclavistes” en vue de l’élection d’un (anti)pape. L’opinion de l’Institut tant sur les consécrations una cum, que sur de bizarres conclaves est bien connue, mais il valait la peine de la rappeler et de la répéter.
Quant à l’étude sur un aspect particulier du sacrement de Pénitence, au fil du temps, elle devenait toujours plus opportune. En effet, après Vatican II et la réforme liturgique, les catholiques fidèles à la Tradition et réfractaires au modernisme réagirent, pour ainsi dire, la plupart du temps spontanément, en continuant simplement de “faire comme avant”. L’attention était surtout concentrée sur le nouveau rite de la Messe, tandis que pour les sacrements – particulièrement pour celui qui avec l’Eucharistie accompagne régulièrement la vie du fidèle, à savoir la ‘confession’ – les prêtres, au début, continuèrent à faire usage des pouvoirs qu’ils possédaient déjà avant le Concile. Ce n’est que peu à peu que certains, du fait de leur fidélité à la saine doctrine, se trouvèrent en difficulté, et que d’autres, nouvellement ordonnés sans lettres dimissoriales, se trouvaient apparemment sans les pouvoirs requis. En effet, il existe deux sacrements qui nécessitent les pouvoirs requis pour être validement administrés (et non seulement licitement) : le Mariage et la Pénitence. Cependant, concernant le Mariage, l’Église, avec le code de droit canonique, avait suffisamment prévu les cas exceptionnels dans lesquels, même sans la forme canonique, le mariage aurait été valide. Par contre, pour la Pénitence, les cas prévus (erreur commune, danger de mort, etc.) n’étaient pas suffisants pour couvrir toutes les situations qui se présentent au cours d’un ministère normal sinon en interprétant de manière très large les cas prévus par le droit. Cette difficulté (qui frappait sans distinction tous les prêtres “traditionalistes” sauf ceux qui – avec l’institution de la commission Ecclesia Dei – en ayant accepté le Concile Vatican II avaient été “régularisés” ainsi que les ‘lefebvristes’ eux-mêmes après l’‘Année Sainte’ par aimable autorisation du “pape Bergoglio” ! Le privilège durera-t-il après la nouvelle “excommunication” ?). En vertu de ces principes, il a donc fallu commencer d’étudier comment les confessions administrées dans la “Tradition” étaient valides et licites. Telle est l’occasion du débat, accompagnée par la suite d’une autre occasion : défendre ou nier un argument développé par l’abbé Tranquillo (prêtre désormais sorti de la Fraternité pour des motifs inconnus) pour critiquer quiconque n’était pas en communion avec Bergoglio, et selon qui, de Bergoglio seul aurait pu venir la juridiction nécessaire pour confesser.
Depuis longtemps, Mgr Guérard des Lauriers o.p. avait développé sa réflexion théologique sur ce délicat problème (qui peut inquiéter les consciences de nombreux fidèles) ; c’est pourquoi, il avait aussi – comme à son habitude – étudié en profondeur cette donnée de notre Foi. Sodalitium s’est appuyée sur les réflexions du théologien dominicain pour proposer au public, spécialement aux prêtres, une étude approfondie sur le Pouvoir des Clés que nous recevons dans l’ordination sacerdotale. Nous espérons ainsi apporter une utile contribution à la théologie sacramentelle, au-delà des motifs occasionnels qui peuvent avoir suscité l’intérêt sur la question.