Mise au point concernant les relations entre l’Œuvre de l’Étoile et l’Institut Mater Boni Consilii

 Mise au point concernant les relations entre l’Œuvre de l’Étoile

et l’Institut Mater Boni Consilii

Les récents événements qui ont amené à la fin de la collaboration entre l’Œuvre de l’Étoile de Nîmes et l’Institut Mater Boni Consilii nécessitent une mise au point afin de rectifier les informations erronées ou incomplètes à ce propos. Pour plus de clarté, nous diviserons ce document en plusieurs points.

  1. Comme beaucoup d’autres, encore séminaristes, nous avons connu le Révérend Père Maurice Raffalli à Écône, en particulier à l’occasion des ordinations sacerdotales. Nous l’avons estimé comme l’un de ces anciens prêtres qui étaient restés fidèles à la sainte Messe. Le P. Raffalli a dédié admirablement son sacerdoce à l’assistance de la jeunesse selon l’esprit du P. Timon-David.
  2. Voulant de manière prudente pourvoir à l’avenir de son œuvre, le P. Raffalli s’adressa à notre Institut, en se rendant dans ce but à Verrua Savoiale 9 janvier 2018, mais il avait pris les premiers contacts dès 2011. Nous tenons à préciser que c’est le P. Raffalli qui s’est adressé à notre Institut, et non le contraire.
  3. À l’occasion de cette rencontre, le P. Raffalli nous a demandé d’accueillir à Verrua Savoia un de ses religieux afin de le préparer au sacerdoce. Au terme de ses années de séminaire, il aurait dû collaborer avec le fondateur pour lui succéder ensuite.
  4. Du fait de certaines difficultés, nous avons demandé au P. Raffalli de désigner un autre sujet parmi ses religieux, mais le père a insisté sur le nom qu’il avait lui-même choisi, et nous avons décidé d’accéder à sa demande.
  5. L’Institut s’est donc dit disponible à aider l’Œuvre de l’Étoile de manière tout à fait désintéressée. En effet, nous avons assuré pendant cinq ans la formation de séminariste d’abord à un religieux, puis, après la mort du père, à un autre, en assurant aussi la présence d’un de nos prêtres pour la Messe quotidienne après la mort du P. Raffalli. Notre présence à Nîmes était évidemment transitoire, et aurait cessé avec l’ordination du premier religieux qui étudiait dans notre séminaire. En aucun cas, donc, notre Institut prévoyait de jouer un rôle ou de maintenir une présence à Nîmes après avoir donné à l’Œuvre de l’Étoile un prêtre qui lui soit propre.
  6. Après la rencontre à Verrua, les supérieurs respectifs se rencontrèrent à Nîmes, pour préciser les termes de la future collaboration.
  7. Tout le monde sait que depuis septembre 1986, quand deux prêtres de notre Institut rencontrèrent Mgr M.-L. Guérard des Lauriers, la position que nous avons toujours professée publiquement sur la situation actuelle de l’Autorité dans l’Église est celle de la Thèse de Cassiciacum, ou Thèse Materialiter/Formaliter. Tout le monde sait aussi que l’évêque de l’Institut, Mgr Stuyver, ne promeut au sacerdoce que des candidats qui adhèrent publiquement à cette Thèse.
  8. Le Règlement du Séminaire “Saint-Pierre Martyr” de Verrua Savoia prévoit (§ I Règles générales) au point 4 : “Étant donné ce qui est dit aux points précédents, la seule justification morale de l’existence de notre séminaire, sans approbation canonique, est la situation actuelle de l’Église Catholique telle qu’elle a été décrite par Mgr Guérard des Lauriers dans la Thèse dite de Cassiciacum. À cette Thèse doivent donc adhérer les supérieurs, les professeurs et les étudiants du séminaire”. Au § 4 (Admission) point 4, il est ajouté : “sont également admis des candidats qui ne pensent pas entrer dans l’Institut Mater Boni Consilii, en accord avec leur Institut ou groupe sacerdotal, ou sur recommandation d’un prêtre de confiance, étant entendu pour eux ce qui est dit au point I, 4”. Naturellement, les deux religieux de l’Œuvre de l’Étoile devaient connaître le règlement du séminaire qui devait les accueillir.
  9. En prenant les dispositions en question, M. l’abbé Ricossa, supérieur de l’Institut, pour donner satisfaction au P. Raffalli, ne demandait pas à son candidat d’adhérer immédiatement à cette position, mais seulement de le faire après l’avoir dûment connue et étudiée au séminaire.
  10. De fait, dans une correspondance avec le P. Raffalli, qui acceptait sans réserve, M. l’abbé Ricossa rappelait à ce dernier que la formation au séminaire, concernant l’ecclésiologie, comportait l’enseignement de ladite Thèse comme seule vraie, et invitait le P. Raffalli à s’adresser à d’autres évêques qui n’imposaient pas cette condition dans leurs séminaires (Mgr Sanborn ou Mgr Morello), si notre position ne lui convenait pas.
  11. Toutefois, cette condition pour notre collaboration ne s’étendait pas à l’Œuvre de l’Étoile en tant que telle, mais uniquement aux séminaristes de l’Œuvre présents dans notre séminaire.
  12. À l’Œuvre en tant que telle, afin de mettre en acte ladite collaboration, limitée à la formation au séminaire, l’Institut demandait seulement de se déclarer publiquement non una cum et de ne pas admettre la célébration de la Messe una cum (en communion avec les occupants du Siège Apostolique) dans leur propre maison.
  13. En effet, avant de débuter cette collaboration, l’Œuvre de l’Étoile avait une position non définie sur la question. L’Œuvre était encore comptée parmi les communautés amies de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, et dans la maison de Nîmes était aussi célébrée une Messe una cum. Le P. Raffalli était évidemment libre, chez lui, de continuer sur cette ligne, mais notre Institut ne pouvait collaborer dans de telles conditions. Pour résoudre cette délicate situation, le P. Raffalli dut attendre une année, et ce n’est qu’après que son candidat a pu rejoindre notre séminaire. Nous précisons encore une fois que notre Institut n’entendait pas, ce faisant, s’ingérer dans la vie interne de l’Œuvre du P. Raffalli, mais simplement exercer son droit de décider comment et avec qui collaborer, d’autant plus que cette collaboration ne partait pas de notre demande, mais d’une demande pressante de l’Œuvre de l’Étoile.
  14. Les années durant lesquelles nos Instituts respectifs ont collaboré, avaient donné des fruits indéniables. Alors que les religieuses des deux Instituts participaient aux Exercices spirituels avec les Sœurs du Christ-Roi, et que nos religieux s’unissaient aux Frères stellamarins pour suivre les Exercices donnés par nos prêtres à Nîmes, l’Œuvre de l’Étoile a cru en nombre et en importance, sans que notre Institut ne s’immisçât dans ses affaires internes, même quand, par exemple, les religieux de l’Œuvre participaient à des initiatives non amicales à notre égard.
  15. Le 15 juin 2025, le premier religieux de l’Œuvre présent à Verrua recevait l’ordre majeur du sous-diaconat. Les responsables de notre séminaire, ainsi que le directeur spirituel, ne nourrissaient aucun doute sur l’adhésion à la Thèse du candidat qui s’était exprimé à plusieurs reprises dans ce sens. Si, par la suite, il n’avait pas reçu le diaconat, cela était dû à des raisons d’études.
  16. En réalité, ce n’est que maintenant que le séminariste en question nous a confessé qu’il avait abandonné la Thèse depuis quelques temps (sans en donner le moindre signe) et qu’en réalité ses supérieurs, dès le début, lui avaient intimé de ne pas adhérer, sur ce point, à l’enseignement qui lui serait donné dans notre séminaire. Nous ne pouvons demander au P. Raffalli une confirmation de cette affirmation, mais sans doute, si cette disposition avait été connue dès le début, ledit candidat n’aurait pas été accepté au séminaire, comme on peut facilement le comprendre : le séminaire est fait pour former les candidats, non pour qu’ils soient en garde contre cette formation.
  17. Malgré les difficultés exposées jusqu’ici, dues à la divergence de position doctrinale entre nos deux Instituts, la collaboration se poursuivait dans la charité fraternelle ; c’est pourquoi les événements qui ont conduit à la situation actuelle doivent être recherchés non tant dans la position “sédévacantiste totale” de l’Œuvre de l’Étoile – que nous connaissions déjà – que dans la question concernant le soi-disant (pseudo) “Concile général imparfait” que certains évêques sans aucun droit à participer à un Concile voudraient convoquer en vue de l’élection d’un “Pape”, ou mieux, d’un “antipape”.
  18. Le P. Michaël Mary Sim, supérieur des Fils du Très Saint Rédempteur, a annoncé le 2 mai que lui et sa congrégation embrassaient une position non una cum (après être passés du ‘modernisme’ au lefebvrisme, et avoir ensuite accepté d’être réintégrés par la commission Ecclesia Dei sous l’autorité d’un évêque ‘conciliaire’). Simultanément, le même père annonçait qu’il adhérait à l’initiative de convoquer un Concile général imparfait dans le but de donner un “pape” à l’Église, et dans cette perspective il était sacré évêque par Mgr Roy, avec pour évêques co-consécrateurs Da Silva et Altamira, tous adhérents à la même position, seulement quelques mois après avoir rompu la communion avec l’occupant du Siège Apostolique.
  19. À l’occasion de sa première déclaration, le supérieur de l’Œuvre de l’Étoile envoyait un message de félicitations au P. Michaël Mary, malgré sa déclaration explicite en faveur de l’idée de convoquer un pseudo-Concile général imparfait dans le but d’élire un ‘pape’. Tout cela sans que l’Institut Mater Boni Consilii n’en sache rien.
  20. Le message de félicitations de la part du supérieur de l’Étoile eut pour effet de rétablir la vieille amitié avec les ‘Rédemptoristes’, raison pour laquelle le nouvel évêque fut invité à se rendre en visite à Nîmes, ce qui advint au mois de septembre de cette année.
  21. Avisé le jour même de la visite projetée par l’évêque Michaël Mary Sim, M. l’abbé Ricossa – qui se trouvait à Serre-Nerpol avec M. l’abbé Murro pour donner les Exercices aux religieuses – ne put faire autrement que de demander à M. l’abbé Michel Andriantsarafara, de notre Institut, de quitter temporairement Nîmes, ne pouvant partager l’intention objectivement schismatique de l’évêque en visite à Nîmes.
  22. Au cours des Exercices spirituels pour les religieux des deux Instituts, M. l’abbé Cazalas estima opportun d’aborder aussi au cours d’une instruction la question du Concile général imparfait. En réponse à ses propos, le séminariste sous-diacre, avec la permission de son supérieur (mais qui affirme ne pas avoir lu ces messages) a envoyé des messages très irrespectueux (de la part d’un séminariste) dans lesquels il défendait la position favorable au (pseudo) Concile.
  23. De retour à Verrua pour la reprise de l’année académique, MM. les abbés Ricossa et Murro ont convoqué les deux séminaristes de l’Œuvre de l’Étoile, contestant au sous-diacre sa défense des arguments en faveur dudit Concile. Bien que s’étant excusé sur la forme de ses messages, il a réaffirmé le fond de sa pensée favorable ou au moins non opposée à l’hypothèse conciliaire, et au contraire, opposée à la Thèse de Cassiciacum, en révélant avoir abandonné celle-ci depuis un certain temps. Nous avons dû constater alors qu’il était impossible de continuer sa formation au séminaire de Verrua.
  24. Le supérieur de l’Œuvre de l’Étoile a décidé, en conséquence, de retirer ses deux religieux de Verrua, leur intimant l’ordre de partir le jour même.
  25. L’Institut refuse fermement l’accusation diffusée par certains d’avoir opéré un chantage. L’Institut a simplement constaté l’impossibilité de poursuivre une collaboration entre nous, tout en étant pleinement conscient (et cela a été clairement indiqué aux deux séminaristes) que ceux-ci feraient sans aucun doute appel sans tarder à un autre évêque, en obtenant même d’anticiper l’ordination au sacerdoce du sous-diacre sans devoir compléter auparavant ses études. Là-dessus, nous ne nous sommes jamais fait aucune illusion, et l’Institut M.B.C. n’avait d’ailleurs aucun intérêt à continuer une collaboration que nous n’avions pas demandée mais qui nous l’avait été.
  26. La décision de retirer de Nîmes notre prêtre était donc une conséquence inévitable. Cependant, dans un esprit de charité, il n’a pas été retiré immédiatement, mais nous avons attendu que les religieux stellamarins trouvent un remplaçant pour assurer la célébration de la Messe.
  27. De retour à Nîmes, le sous-diacre en cause donnait à notre prêtre aumônier une étude d’un certain Mark Escobar en faveur de la défense du soi-disant Concile général imparfait, démontrant ainsi être en accord avec cette hypothèse.
  28. Nous n’avons donc pas été surpris, même si nous en sommes attristés, d’apprendre que dans l’attente de l’ordination du sous-diacre au sacerdoce, la Messe à Nîmes sera assurée par un religieux de Mgr Michaël Mary, et que ce sera lui qui ordonnera au diaconat et au sacerdoce le sous-diacre en question sans demander aucune information au séminaire où il a étudié – comme il est prévu par le code de droit canonique -, sans respecter les intervalles entre le diaconat et le sacerdoce – toujours en violation du droit canonique -, et sans compléter les études ecclésiastiques, contrairement à ce qui a été demandé avec tant d’insistance par saint Alphonse-Marie de Liguori.
  29. L’Œuvre de l’Étoile a déclaré publiquement n’adhérer ni à la Thèse de Cassiciacum, ni au Concile général imparfait, mais que ses membres sont des catholiques “semper idem”. Cette dernière expression renvoie aux écrits de feu Louis-Hubert Remy, autrefois ami du P. Raffalli mais qui, par la suite, s’en était éloigné. Si nous avions su que la position de l’Œuvre de l’Étoile était celle de Louis-Hubert Remy, nous n’aurions certainement jamais collaboré avec elle. Quant au “Concile général imparfait” – si jamais le projet est mis en pratique – nous verrons si, à l’Œuvre de l’Étoile, l’on citera le nouveau “pape” au canon de la Messe ou pas, malgré la probable “excommunication”, dans ce dernier cas, de la part du pseudo-pontife.
  30. L’Institut Mater Boni Consilii regrette que les mesures prises par le P. Raffalli en vue de l’avenir de sa fondation n’aient pas abouti et souhaite aux confrères de l’Œuvre de l’Étoile tous les biens et toutes les grâces du Seigneur par l’intercession de la Sainte Vierge, à qui le P. Raffalli était si dévot.