L’Ave Maria par saint Thomas d’Aquin (IV)

Explication de la salutation de sainte Élisabeth

Vous êtes bénie entre les femmes

14. – Trois malédictions furent en effet, à cause du péché, portées par Dieu contre les hommes.

La première fut prononcée contre la femme.

En vertu de cette malédiction, celle-ci devait porter ses enfants avec peine et les enfanter dans la douleur.

Mais la Bienheureuse Vierge ne fut pas soumise à ces peines. Elle conçut en effet le Sauveur sans corruption, le porta allègrement et l’enfanta dans la joie. À Elle s’applique excellemment la parole d’Isaïe (35, 2) : La terre germera, elle exultera, elle chantera des louanges.

15. – La deuxième malédiction fut prononcée contre l’homme : en voici la teneur (Gn., 3, 19) : À la sueur de ton visage, tu mangeras ton pain.

La Bienheureuse Vierge fut exempte de cette peine. Comme le dit l’Apôtre, en effet (1 Cor., 7, 32-34) : Les Vierges sont affranchies des soucis de ce monde ; elles vaquent à Dieu seul.

16. – La troisième malédiction fut commune à l’homme et à la femme. En vertu de cette malédiction, l’un et l’autre doivent retourner à la poussière.

La Bienheureuse Vierge en a été également préservée ; elle fut en effet enlevée au ciel avec son corps. Nous croyons en effet qu’elle a été ressuscitée après sa mort et emportée au ciel. Aussi lui applique-t-on très justement ces paroles (Ps., 131, 8) : Levez-vous, Seigneur, pour le lieu de votre repos, vous et l’arche de votre sainteté.

Marie

17. – La Vierge fut donc exempte de toute malédiction et Bénie entre les femmes (Lc, 1, 28 et 42). Elle seule, en effet, leva la malédiction, apporta la bénédiction et ouvrit les portes du paradis.

À ce titre le nom de Marie lui convient. Marie signifie en effet « Étoile de la mer ». Comme les navigateurs, par l’étoile de la mer, sont conduits vers le port, ainsi, par Marie, les chrétiens sont conduits vers la gloire.