Sodalitium n° 69 – 70 (numéro double)

Le dernier numéro de Sodalitium a paru en septembre 2020. Vous pouvez le trouver dans nos chapelles, nous le commander ou le télécharger en PDF.

Au sommaire :

  • Éditorial – p. 2
  • La résurrection de Jésus entre Foi et raison – p. 6
  • Problèmes de documentation dans certains livres antimaçonniques – p. 22
  • Rétractation – p. 26
  • CONTROVERSES
    • De ore tuo te judico… (Lc 19, 22). Fausses rétractations et faux amis – p. 30
    • Mise en garde contre un livre d’une ésotériste bien connue mais diffusé … – p. 32
    • Merci, Monsieur Louis-Hubert Remy – p. 33
    • Une réponse déjà donnée – p. 36
  • Chevaliers sans cheval – p. 39
  • La bulle “Cum ex apostolatus officio” du Pape Paul IV. Notules historiques – p. 51
  • RECENSIONS
    • Les Jésuites et les Statuts sur la “pureté du sang” – p. 60
    • La question juive – p. 63
    • Réflexion sur le Novus Ordo Missæ – p. 65
  • J. M. Bergoglio et l’éducation sexuelle – p. 71
  • VIE DE L’INSTITUT – p. 77

Rappel : Les numéros de notre revue Sodalitium sont disponibles sur notre site, depuis le numéro 38.

 

Éditorial

Chers Amis de Sodalitium,

la réclusion forcée que nous avons vécue suite à la diffusion du “Coronavirus”, a mis tout le monde à rude épreuve. Confinés à domicile, nous avons dû interrompre pour quelques mois no­tre apostolat, ce qui nous a permis de nous occuper de la revue, depuis trop longtemps silencieuse. Nombreux sont les événements heureux survenus depuis le dernier numéro, événements que nous voudrions partager avec vous ou vous rappeler, et que la rubrique “Vie de l’Institut” énumère – par nécessité – trop brièvement : je pense aux ordinations sacerdotales, aux vœux religieux, aux pèlerinages, aux Exercices, aux colonies d’été, à la vie quotidienne, enfin, du séminaire, et à la vie de nos chapelles et centres de Messe, qui augmentent toujours. Mais le souvenir qui personnellement me touche le plus, est celui du pèlerinage des prêtres, des séminaristes et des religieux que l’Institut a fait à Assise et Pérouse du 12 au 14 février 2019 : déjà loin dans le temps, mais encore proche au cœur et à l’esprit. Dans le n° 68 de Sodalitium (octobre 2018), nous annoncions à nos lecteurs, à la p. 4, un événement vraiment important pour nous : avoir retrouvé, grâce à un de nos lecteurs, étudiant à l’Université de Pérouse, la tombe de Mgr Umberto Benigni, collaborateur fidèle de Saint Pie X et fondateur du Sodalitium Pianum qui donne son nom à notre revue. Depuis des années nous en cherchions les traces à Rome, où Mgr Benigni était mort, et non à Pérouse, où il était né. Quand un de nos chers fidèles s’est établi à Pérouse pour ses études, l’abbé Carandino lui a demandé de chercher dans le chef-lieu ombrien sa dépouille, qu’il retrouva donc au cimetière monumental de cette ville.

Nous décidâmes alors de nous ren­dre à Pérouse, et d’unir à notre voyage un pèlerinage sur les traces de saint François d’Assise, duquel l’Église chante : “Franciscus vir catholicus, et totus apostolicus, Ecclesiæ teneri fidem romanæ docuit, presbyterosque monuit præ cunctis revereri” (“François, homme catholique et très apostolique, enseigna à maintenir intègre la foi de l’Église romaine et exhorta à honorer, avant tous les autres, les prêtres”, première antienne des premières vêpres du 4 octobre dans le bréviaire romano-séraphique et dont Julien de Spire est l’auteur). L’Institut s’est donc réuni, même s’il n’était pas au complet : à ceux de la maison de Verrua et de San Martino dei Mulini se sont joints l’abbé Trauner (d’Autriche) et l’abbé Steenbergen (de Belgique) ; nous avons vécu tous ensemble des heures inoubliables, en particulier en récitant la dizaine pour l’Institut et les litanies de Notre-Dame du Bon Conseil dans les lieux les plus significatifs que nous avons visités. Le mardi 12, nous avons fait étape à la Verna, où saint François a reçu les saints stigmates, et le soir nous avons récité tous ensemble les litanies de Notre-Dame du Bon Conseil, pour l’Institut, devant la basilique d’Assise fermée à ce moment-là. Le mercredi 13, nous avons prié le matin dans la basilique de Saint-François et dans les cellules où vécut saint Joseph de Copertino ; l’après-midi, nous nous sommes rendus à Saint-Damien (où nous avons à nouveau prié pour l’Institut), Rivotorto, Sainte-Marie-des-Anges avec la Portioncule et la chapelle du Transitus de saint François, sainte Claire et saint Rufin. Le lendemain, nous avons quitté Assise pour nous rendre à l’Ermitage des Carceri, où est vivant le souvenir non seulement de saint François et de ses compagnons, mais aussi celui de tant d’autres saints franciscains de l’Observance. Le matin du 14 février s’est terminé à Pérouse, destination de notre voyage, où nous nous trouvâmes émus devant la sépulture de Mgr Benigni. Les vingt-et-un pèlerins, accompagnés de Lorenzo (l’étudiant qui a retrouvé la tombe de famille du prélat ombrien) ont encore prié pour l’Institut, en pensant à ceux qui nous ont précédés dans le combat pour l’intégrité de la Foi contre la somme de toutes les hérésies qui fait tant de ravages dans les âmes et qui a donné des coups terribles, jamais vus jusqu’alors, à l’Église. Et je voudrais maintenant comme en ce jour et en ce lieu, faire une pressante recommandation à tous les membres de notre Institut : rester fidèles, dans son esprit d’origine, au Christ, à son Église, à l’exemple de saint Pie X, mais aussi à ce que nous a enseigné, par sa parole, ses écrits et sa vie, Mgr Umberto Benigni, et tous ceux qui avec lui se rangèrent aux côtés de saint Pie X contre tous les ennemis intérieurs et extérieurs de l’Église. Cette fidélité sera la garantie du fait que l’Institut persévérera dans son esprit d’origine. Prié de prendre la parole en ce lieu, devant nos prêtres et nos séminaristes, je leur ai adressé cet appel comme mon testament. Je le refais maintenant sur ces pages. Vous me pardonnerez si je parle un moment de moi. Peu de livres ont eu sur moi une profonde et durable influence comme Intégrisme et catholicisme intégral. Un réseau secret international antimoderniste : La ‘Sapinière’ (1909-1921) d’Émile Poulat, publié en 1969 mais que je lus au séminaire en 1978. J’avais déjà ‘connu’ Mgr Benigni avant d’entrer au séminaire, par Alleanza Cattolica, mais grâce à ce livre je pouvais le connaître directement dans sa pensée et son œuvre ; un livre qui peut en heurter certains, et en fasciner d’autres, comme moi. Ce livre fut en quelque sorte un entremetteur… parce qu’il me poussa aussi à écrire un dossier en défense du Sodalitium Pianum et des intégraux, que j’envoyai, avec la permission de mon confesseur d’alors, à l’abbé Aulagnier, directeur de la revue de la FSSPX, Fideliter. Un collaborateur de cette revue, prêtre lui aussi de la Fraternité, avait écrit une série d’articles sur saint Pie X dans lesquels il présentait comme fidèles interprètes de son pontificat ceux qui au contraire lui furent hostiles (Grandmaison, Batiffol et d’autres) condamnant à l’inverse le mauvais esprit et le zèle amer des catholiques intégraux (modèle et exemplaire de ceux qui, dans la Fraternité et en dehors d’elle, soutenaient les thèses plus intransigeantes). “Soyez tranquille, vous ne devrez pas aller à Canossa”, me rassura l’abbé Aulagnier ; et au contraire je dus aller à Canossa puisque l’auteur de ces articles (R.i.p.) fit tant est si bien qu’il obtint, en 1981, mon expulsion du séminaire et de la Fraternité. Réhabilité en­tre-temps (je fus même ordonné en avance en 1982 par Mgr Lefebvre qui, s’il ne parlait pas de Mgr Benigni connaissait du moins bien les écrits de l’abbé Barbier, fondateur de La critique du libéralisme), je suggérai alors que la revue de la Fraternité que nous voulions fonder en 1983 s’appelât Sodalitium, en l’honneur du Sodalitium Pianum de Mgr ­Benigni.

C’est la revue que vous avez entre les mains, et les mémoires d’un désormais ancien combattant vous servent à comprendre l’importance, y compris dans ma vie et dans la vie de cette revue et de notre Institut, qu’ont eue, ont et auront toujours (il faut qu’il en soit ainsi) la pensée et la mémoire de Mgr Benigni. Chers lecteurs : vous pouvez facilement comprendre, après ces “confessions” (au sens augustinien) la douleur profonde que j’ai ressentie en lisant – en 2010 sur Sì sì no no – et en ces jours sur le site de l’auteur et sur celui de Una vox, une longue série d’articles injurieux et gravement diffamatoires à l’égard des catholiques intégraux en général et de Mgr Benigni en particulier ; une douleur d’autant plus grande que l’auteur de cette longue série d’articles (encore en cours actuellement) a commencé à écrire précisément sur cette revue dédiée à Mgr Benigni, de 1984 à 2006 : vingt-deux ans ! Une série d’articles où fut reprise la thèse de fond d’une “historienne française” (une française qui, on oublie de le dire, étudie le catholicisme intégral avec des bourses d’études de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, en 2014-2015, du Center of Jewish History et New York University, en 2016-2018, et pour la recherche en études juives à Forhdam University) qui, en voulant substituer ses études, documentées mais partisanes, à celles, documentées et objectives de Poulat, décrit Benigni comme un paranoïaque rancunier. Que l’antijudaïsme soit une “phobie” est une thèse qui n’étonne pas dans les écrits de quelqu’un qui travaille dans un but déterminé comme Nina Valbousquet ; qu’une interprétation “rancunière” du fidèle collaborateur de saint Pie X vienne d’un catholique traditionaliste, et non de n’importe qui, je ne peux le comprendre qu’en pensant à la rancune de quelqu’un qui – et c’est le cas – à travers Mgr Benigni veut frapper une autre cible.

Dans un prochain numéro, je me propose de répondre à ces accusations, qui inoculent parmi les rangs des antimodernistes la mentalité qui amena au triomphe des modernistes qui est sous nos yeux, et qui n’est pas sorti de rien le 8 décembre 1965. Pour l’heure, au contraire, je me tourne vers ceux qui, dans cet Institut, sur cette revue, plus jeunes que moi, devront continuer demain le combat d’aujourd’hui et ­d’hier : celui qui advint au début des années 1900 sous saint Pie X fut le prodrome de celui qui ensuite se dévoila pendant le concile Vatican II.

Étudiez la jeunesse d’Angelo Giuseppe Roncalli ou de Giovanni Battista Montini, et vous verrez que la sympathie pour le modernisme, cachée sous une trop superficielle orthodoxie, était déjà présente : cette petite semence – en eux comme en tant d’autres – devint plante au Concile. Combien d’âmes se sont perdues à cause de cette petite semence (au début) qui a porté des fruits si amers ? Je vous invite donc à vous passionner pour les écrits et l’action de Mgr Umberto Benigni, de l’abbé Paolo de Töth, de l’abbé Paul Boulin et de leurs amis et compagnons, héritiers eux aussi de ceux qui les avaient précédés, afin de pouvoir non seulement recevoir mais aussi transmettre à votre tour une bannière bien déployée qui doive passer de génération en génération, de main en main : la bannière du Christ Roi et de la Foi catholique intégrale. Notre revue et notre Institut ont été les seuls à défendre hier et aujourd’hui la figure de Mgr Benigni : tant d’autres qui se gargarisent de ces noms se sont tus face aux accusations qui viennent non de l’ennemi déclaré mais des amis d’hier (et, pour eux, d’aujourd’hui encore) : que cela aussi serve de discernement entre les vrais et les faux catholiques intégraux. Je vous demande donc à tous, par l’intercession de saint Pie V et de saint Pie X, de connaître, aimer et transmettre ce trésor qui ne doit pas se perdre, mais doit passer aux futures générations.

abbé Francesco Ricossa

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