Pourquoi nous disons la Messe en latin

par M. l’abbé Francesco Ricossa

“Dimanche 7 mars, en l’église de Ognis­santi, Paul VI a célébré la messe vespertine en italien” (1). En ce premier dimanche de Carême 1965, et pour la première fois, la messe n’était plus dite en latin mais en langue vernaculaire. Mgr Bugnini, principal artisan de la rééforme liturgique, commente: “Ce 7 mars fut une date historique de la réforme liturgique, et l’une de ses pierres miliaires. C’était un premier fruit tangible du Concile encore en plein déroulement; le début d’un processus de rapprochement entre la liturgie et les assemblées participantes, le début de son changement d’aspect après des siècles d’uniformité inviolable” (2). C’est seulement quatre ans plus tard, le 30 novembre 1969, premier dimanche de l’Avent, que fut introduit un nouveau rite (Novus Ordo Missae), “impressionnant éloignement de la théologie catholique de la Sainte Messe” (3) pour les Cardinaux Ottaviani et Bacci, “admiration des autres églises et communautés chrétiennes”, pour Mgr Bugnini… (4).
Nombreux sont ceux qui pensent ingénument que le nouveau rite, celui de Paul VI, est simplement la traduction du précédent en langue vulgaire. Il s’agit en réalité de deux textes presque totalement différents: la Messe codifiée par Saint Pie V (5) est le résultat de l’évolution du rite romain et de son continuel enrichissement depuis les catacombes jusqu’à nos jours; le rite de Paul VI par contre a été créé de toutes pièces par les liturgistes du “Consilium ad exequendam constitutionem de Sacra Liturgia” en collaboration avec les représentants des “églises” protestantes (6), dans l’esprit oecuméniste de Vatican II.
Quelques mouvements de sauvegarde du latin et du chant grégorien, quoique parfaitement conscients des différences existant entre le rite traditionnel traduit et le rite moderne (moderniste), se contentèrent de défendre l’usage de la langue latine dans la liturgie, demandant et obtenant (rarement) des Messes en latin, même avec le nouveau rite. Face à cette attitude, ceux qui étaient vraiment fidèles à la tradition réagirent violemment, le pauvre don Bellucco entre autres; excellent latiniste, il fit remarquer que, même en latin, il est possible de blasphémer. De la “Messe” en latin de Paul VI nous n’avons que faire. Pour souligner davantage ce refus et cette juste réaction, certains emploient des phrases paradoxales, du genre: “je préfère la Messe de Saint Pie V en bantou à la nouvelle Messe en latin”. L’expression fait son effet, mais elle est un peu malheureuse; si on en vient à dire que peu importe que la Messe (et les autres rites liturgiques) soit célébrée en latin ou en langue vulgaire, on va (inconsciemment ?) contre la loi et l’enseignement de l’Eglise. En effet Pie XII a déclaré: “Il serait néanmoins superflu de le rappeler encore une fois: l’Eglise a de sérieuses raisons pour conserver fermement, dans le rite latin (7), l’obligation pour le prêtre célébrant d’employer la langue latine, de même que d’exiger que le chant grégorien accompagnant le Saint Sacrifice soit exécuté dans la langue de l’Eglise” (8). Voyons donc ensemble quelles sont les sérieuses raisons dont parle Pie XII.

I. Nécessité d’une langue sacrée

Il n’existe pas de religion qui ne fasse une distinction entre le sacré et le profane. Ce qui est sacré est précisément pour cette raison consacré à Dieu, Lui est réservé et par voie de conséquence est soustrait à l’usage profane. Le culte divin en particulier a ses lieux sacrés (les églises), ses rites sacrés, ses objets sacrés, ses ornements sacrés. La langue ne fait pas exception. Déjà, dit Dom Guéranger, “au sein du paganisme, les anciens Romains avaient compris cette immobilité de langage de la prière publique. Quintilien nous apprend que les vers chantés par les prêtres saliens remontaient à une si haute antiquité, qu’on les comprenait à peine, et cependant la majesté de la religion n’avait pas permis qu’on les changeât. Nous avons vu que les Juifs, avant le christianisme, dans leurs assemblées religieuses lisaient la Loi et les prières du culte en langue hébraïque, quoique cette langue ne fut plus entendue du peuple. Ne serait-ce pas se refuser à l’évidence que de ne pas reconnaître dans tous ces faits l’expression d’une loi de la nature d’accord avec le génie de la religion?” (9).
Tout comme la Religion révélée de l’ancien testament, les religions païennes ont eu le même comportement que par la suite l’Eglise Catholique: elles ont utilisé pour la liturgie une langue sacrée, retirée de l’usage profane, immuable. L’histoire des églises orientales (en général schismatiques) qui ont maintenu l’usage de la langue vulgaire dans la liturgie, ne démentit pas notre affirmation; elle la confirme plutôt involontairement. En effet, sans avoir adopté comme l’Eglise de rite latin le principe de la langue sacrée, les Eglises orientales ont subi le même phénomène universel de sacralisation de la langue liturgique. Les langues copte, arménienne, éthiopienne, slavonne ont à peine “senti… le contact des mystères de l’autel, qu’elles deviennent immobiles et impérissables” (9). C’est pourquoi, même les Eglises orientales “célèbrent, tout aussi bien que nous, le service divin dans une langue qui n’est plus entendue du peuple” (9). Au contact de l’autel, ces langues se sont “sacralisées”. Supprimer de la liturgie l’usage d’une langue sacrée équivaut donc à une profanation puisque, ce faisant, on va contre la nature et le caractère même de la religion: voilà qui parait évident.

II. La Providence a prévu pour l’Eglise trois langues sacrées

Cependant les langues sacrées ne le sont pas toutes au même degré. Dom Guéranger toujours, autorité indiscutée en matière de liturgie, constate, après les Pères de l’Eglise et les mystiques du Moyen-Age, l’existence de “langues sacrées et séparées des autres par un choix divin, pour servir d’intermédiaire entre le ciel et la terre” (10).
S’il est indubitable que l’Eglise embrasse et accueille tous les peuples, il est tout aussi certain que la Providence a voulu se révéler d’abord au seul peuple juif, pour fixer ensuite le siège du vicaire du Christ dans la ville de Rome. Le christianisme, par le libre choix de Dieu, est héritier de la tradition juive, grecque et latine. Ainsi l’écrivait déjà, au IVème siècle, saint Hilaire de Poitiers: “c’est principalement dans ces trois langues (hébraïque, grecque et latine) que le mystère de la volonté de Dieu est manifesté; et le ministère de Pilate fut d’écrire par avance, en ces trois langues, que le Seigneur Jésus-Christ est le Roi des Juifs” (10). L’hébreu (syriaque), le grec et le latin sont les trois langues de l’inscription de la croix; ce sont aussi les trois langues de la Sainte Ecriture; ce sont “les seules dont on se soit servi à l’autel” au cours des quatre premiers siècles (11) “ce qui leur donne une dignité liturgique toute particulière et confirme merveilleusement le principe des langues sacrées et non vulgaires de la liturgie” (11).
Que le latin soit une “langue sacrée” est donc indubitable, à tel point que Paul VI en personne l’a explicitement reconnu le jour même où il l’éliminait de la liturgie (17 mars 1965) (1). Eliminant le Sacré il savait donc faire oeuvre de profanation.

III. Le latin unit à l’Eglise de Rome

La langue propre de l’Eglise Romaine est le latin” (Saint Pie X, Tra le sollicitudini, 22/11/1903) (12)

“Jésus-Christ se choisit et consacra la seule cité romaine. C’est là qu’il veut que demeure en permanence le siège de son Vicaire” (Léon XIII) (13). Ce n’est donc pas un hasard, mais “une admirable disposition du Christ” (Pape Gélase) (14), si Pierre choisit Rome comme siège épiscopal du Prince des Apôtres. L’Eglise est donc Romaine. La Providence qui a choisi Rome, a aussi choisi pour l’Eglise la langue de Rome, la langue latine. “Le Seigneur – dit le Cardinal Ottaviani – a donné un moyen providentiel pour maintenir la tradition et la vérité catholique; Il lui a fourni un langage tout spécial, la langue latine. Le destin de Rome (…) comportait aussi un élément qui pourrait sembler accidentel mais qui est très important: une langue, la langue latine…” (15). Par l’usage de la langue latine, les diocèses du monde entier sont donc unis à l’Eglise Romaine et au siège de l’Apôtre Pierre.
Bien sûr l’emploi de la langue latine n’est pas obligatoire pour toute l’Eglise Universelle, mais seulement pour l’Eglise occidentale: les Eglises orientales catholiques manifestent d’une autre façon leur lien avec Rome. Cependant, un fait indiscutable émerge de l’histoire du schisme oriental. Les nations slaves qui avaient adopté dans la liturgie leur propre langue suivirent le schisme dans leur presque totalité. Au contraire, les nations slaves qui conservèrent la langue latine se maintiendront unies à Rome (Tchécoslovaquie [l’auteur écrit en 1992], Croatie, Slavonie et surtout la Pologne). Voilà précisément pourquoi Dom Guéranger fait l’éloge du Pape Saint Grégoire à ce propos: «Le Duc de Bohême, Vratislas, lui avait demandé de pouvoir étendre à ses peuples, qui étaient aussi de race slave, la dispense que Jean VII avait accordée pour la Moravie. Grégoire refusa avec fermeté, et, sans accuser son prédécesseur, ni revenir sur un fait consommé, il proclama les principes de l’Eglise sur les langues liturgiques: “Quant à ce que vous avez demandé, dit-il à ce prince dans une lettre de l’année 1080, désirant notre consentement pour faire célébrer dans votre pays l’office divin en langue slavonne, sachez que nous ne pouvons en aucune manière accéder à cette demande (…). Ce n’est pas une excuse de dire que certains hommes religieux (saint Cyrille et saint Méthodius) ont subi avec condescendance les désirs d’un peuple rempli de simplicité, ou n’ont pas jugé à propos d’y porter remède; car l’Eglise primitive elle-même a dissimulé beaucoup de choses que les saints Pères ont corrigées après les avoir soumises à un examen sérieux. C’est pourquoi, par l’autorité du bienheureux Pierre, nous défendons d’exécuter ce que nous demandent les vôtres avec imprudence, et, pour l’honneur du Dieu tout-puissant, nous vous enjoignons de vous opposer de toutes vos forces à cette vaine témérité”.
«En ces quelques lignes, saint Grégoire VII énonçait avec une pleine énergie le sentiment de l’Eglise, qui a toujours été de ne pas offrir sans voiles les mystères aux yeux du vulgaire; il excusait la concession faite avant lui, et proclamait ce principe si fréquemment appliqué, que les nécessités qui se sont présentées lors de l’établissement de l’Eglise ne sauraient prudemment être érigées en lois pour les siècles suivants… La foi chrétienne régnait en Bohême, elle s’y était établie et maintenue avec la Liturgie latine; introduire dans cette Eglise l’usage de la langue vernaculaire, c’était la faire rétrograder aux conditions de l’enfance. En reculant les frontières de la langue latine jusqu’à la Bohême, saint Grégoire VII les avançait jusqu’à la Pologne qui, restant latine, se trouvait ainsi consacrée comme le boulevard [rempart] catholique de l’Europe du côté de l’Asie» (16). La pseudo-réforme protestante donnera, nous le verrons, une confirmation de ce principe: l’abandon de la communion avec Rome coïncidera avec la substitution dans le culte protestant de la langue nationale au latin.

IV. Une langue universelle pour l’Eglise Universelle.

A l’argument fondé sur le fait que l’Eglise est romaine est étroitement lié l’argument fondé sur l’universalité de l’Eglise. Romano Amerio écrit: “En premier lieu donc, l’Eglise est universelle, et son universalité n’est pas purement géographique, ni ne consiste, comme il est dit dans le nouveau canon, à être répandue sur toute la terre. Cette universalité dérive de la vocation, tous les hommes étant appelés, et dérive de son lien avec le Christ qui lie et rassemble en Lui tout le genre humain. (…) Elle (…) ne peut admettre l’idiome d’un certain groupe de personnes, au détriment des autres” (17).
Pie XI a écrit: “L’Eglise embrassant en son sein toutes les nations (…) exige de par sa nature même une langue universelle…” (Ep. Ap. Officiorum Omnium, 1er Août 1922. AAS. 14, 1922, 452). Voilà pourquoi la langue latine peut être vraiment appelée “catholique” (qui signifie universelle) selon l’expression du même Pie XI dans le document cité ci-dessus (AAS. 14, 1922, 452). Par contre, le schisme oriental et la pseudo-réforme protestante, rompant l’unité catholique, ont créé des “églises” autocéphales et nationales. Et de même que l’Eglise Catholique exige “de par sa nature” une langue universelle, les “églises” nationales, de par leur nature même, adoptent la langue nationale, comme on peut le constater chez les “orthodoxes”, les protestants et les sectaires de Vatican II.

V. Une langue “une” pour une Eglise “une”

L’Eglise est une: “Et Unam, Sanctam, Catholicam, et Apostolicam Ecclésiam”. Son unité est étroitement liée à son universalité (“catholica”), et le centre de cette unité est le Siège de Pierre, Evêque de Rome. La langue latine, universelle et romaine est donc lien d’unité. Pie XII l’atteste: “L’usage de la langue latine, tel qu’il est en vigueur dans la plus grande partie de l’Eglise, est un signe clair et noble d’unité” (Encyclique Mediator Dei, 20/XI/1947) (18). Par contre, l’adoption de la langue nationale dans la liturgie est souvent source de conflit et de division entre les peuples; c’est l’élément de désagrégation non seulement au niveau religieux mais également au niveau civil. Il suffit de penser à ces pays divisés par les conflits ethniques où les fidèles, tous unis autrefois autour de l’autel, assistent maintenant au culte dans des églises différentes, en fonction de la langue qui y est employée.
Tout récent est le cas de Trieste: l’introduction du slave à côté de l’italien dans le culte présidé par Jean Paul II lors de sa visite, a soulevé les protestations de certains. L’autel unissait, la table (liturgique) divise. S’il en est ainsi dans la société civile, à plus forte raison en est-il dans la société religieuse. La pseudo-réforme protestante avait donné naissance à des “églises nationales” divisées entre elles dans le dogme et dans la discipline comme dans la langue liturgique; la pseudo-réforme de Vatican II, elle, a ouvert une brèche dans l’admirable unité dogmatique, disciplinaire et liturgique propre à la véritable Eglise Catholique. Chaque pays serré autour de sa propre conférence épiscopale (souvent rétive vis à vis du “centre”), célèbre désormais la liturgie dans une langue étrangère à celle des autres pays et à celle de Rome même. Dans bon nombre de ces pays, en Afrique, en Amérique latine, en Asie, “l’inculturation” voulue par Vatican II a introduit dans le culte des éléments païens que la prédication de l’Evangile avait fait disparaître.
Partout, même au niveau liturgique, on assiste à ce phénomène de désagrégation de l’unité, phénomène qui caractérise toujours le schisme et l’hérésie. Certes l’abolition du latin a été “une pierre miliaire” (Bugnini) dans ce processus de désagrégation de l’unité. La confusion des langues décrétée par Dieu en châtiment de l’orgueil des hommes lors de la construction de la Tour de Babel, était en quelque sorte compensée par l’usage du latin, la “langue catholique”, dans l’Eglise du Christ. Aujourd’hui l’“église conciliaire” a proclamé “le culte de l’homme” (Paul VI): l’orgueil est châtié encore une fois par la confusion des langues, confusion que nous pourrions appeler, paraphrasant Pie XII, “admirable signe de désunion”.

VI. Une langue immuable pour une Eglise immuable.

Reprenons la citation de Pie XI: “en effet l’Eglise embrassant en son sein toutes les nations, et étant destinée à durer jusqu’à la fin des siècles, exige de par sa nature une langue universelle, immuable, non populaire” (Officiorum Omnium). Romano Amerio commente: “En second lieu l’Eglise est, dans sa substance, immuable et c’est pourquoi Elle s’exprime dans une langue en quelque sorte immuable, soustraite (relativement, et plus que toute autre) aux altérations des langues usuelles; altérations si rapides qu’aujourd’hui, dans tous les pays européens, des glossaires sont indispensables à la compréhension des oeuvres littéraires anciennes. L’Eglise a besoin au contraire d’une langue qui réponde à sa condition intemporelle et qui soit privée de dimension diachronique…” (17).
Le latin, spécialement le latin liturgique, est précisément une langue aussi immuable que possible. Il répond donc aux exigences d’une langue sacrée (voir ce qui a été dit précédemment). De plus il participe de l’éternité de l’Eglise et de l’irréformabilité de son enseignement. Il présente en outre un double avantage pratique: le premier, signalé par Amerio, est d’éviter les continuelles révisions indispensables aux langues vivantes devenues, après quelques décennies, sinon incompréhensibles, du moins désuètes. Le second, beaucoup plus important, est signalé encore par Pie XII: “L’usage de la langue latine (…) – dit-il – est… un antidote efficace contre toute corruption de la pure doctrine” (18). Le proverbe nous le rappelle: “traduttore, traditore” (18bis). Même involontairement, une traduction déforme plus ou moins le texte traduit. Combien plus, si le traducteur a l’intention de déformer. G. Renié (Missale Romanum et missel romain, Paris 1975), Romano Amerio (Iota unum, Milano – Napoli 1985. n°280-282, pp. 520-525) et bien d’autres ont prouvé que le “nouveau missel” en langue vulgaire déforme le déjà hétérodoxe “Missale romanum” réformé par Paul VI au point d’altérer même la formule de consécration (“pro multis” qui devient “pour tous”) (18ter).

VII. La langue noble et choisie

Pie XI (repris point par point par Jean XXIII dans la Const. Ap. Veterum sapientia, du 23 février 1962) (19) affirme enfin que “l’Eglise… exige de par sa nature une langue… non populaire (non vulgaire)” (Ep. Ap. Officiorum Omnium). “Ensuite puisque l’Eglise Catholique, étant fondée par le Christ, dépasse de loin en dignité toutes les sociétés humaines, il est juste qu’Elle n’utilise pas une langue populaire, mais une langue noble et auguste” (Jean XXIII, ibid.). A chaque lieu et à chaque situation sa langue: le vocabulaire familier n’est pas le langage juridique, le jargon d’un groupe social ou le dialecte coloré n’est pas usité dans les réunions académiques… on ne voit pas pourquoi seul le rite sacré par excellence n’aurait pas droit à sa langue propre; une langue qui, étant donnée la perfection divine des mystères qui sont célébrés, doit être noble et royale; tels sont la langue latine et le chant grégorien impraticable sans cette dernière.

VIII. Les objections confirment la thèse: l’autel et la chaire

On nous objecte: “Si la Messe est dite en latin, le peuple ne comprend pas. Maintenant on comprend tout. C’est beaucoup mieux”.
C’est là le prétexte invoqué par les auteurs de la réforme liturgique pour éliminer l’usage du latin non seulement de la liturgie de la Messe, mais aussi de la récitation privée ou chorale de l’office divin. De la même façon ont été supprimées dans la liturgie de la Messe les rubriques qui imposaient la récitation à voix basse des parties les plus importantes, comme l’Offertoire et le Canon, y compris les formules de Consécration (20). Tout doit être audible (non aux prières à voix basse) tout doit être compréhensible (non aux prières en latin). En réalité le problème ne réside pas dans le dilemme : entendre – ne pas entendre, comprendre – ne pas comprendre (d’autant plus que dans les missels des fidèles les traductions etc. résolvent suffisamment le “problème”) mais, il réside plutôt dans la différence de conception de la Messe sous-entendue et par le nouveau et par l’ancien “Ordo Missae”.
Personne n’ignore que, dans la conception protestante, le culte est essentiellement prédication, enseignement, lecture de l’Ecriture. La nécessité des paroles audibles et facilement compréhensibles est par conséquent évidente. Pour l’Eglise Catholique par contre la Messe, quoique non dépourvue d’un aspect instructif, est essentiellement le Saint-Sacrifice offert à Dieu sur l’autel; étant offert à Dieu il n’exige pas comme le culte protestant d’être toujours et de façon prioritaire audible et accessible aux fidèles. Aussi le Concile de Trente enseigne-t-il que la Messe ne doit pas être célébrée en langue vulgaire, mais que ce qui y est lu doit être expliqué aux fidèles dans la prédication, spécialement les dimanches et jours de fête (cf. Sess. XXII. Chap. VIII).
Dom Guéranger commente: “Il est nécessaire de faire ici une distinction capitale: la distinction de la chaire et de l’autel. Dans la chaire la langue vulgaire est indispensable; à l’autel on peut s’en passer, même dans les commencements d’une chrétienté, comme des faits innombrables l’ont prouvé” (21). “Le protestantisme a détruit la religion en abolissant le sacrifice; pour lui l’autel n’existe plus; il n’y a plus qu’une table; son christianisme s’est conservé uniquement dans la chaire. L’Eglise Catholique sans doute se fait gloire de la Chaire de vérité car “la foi est de l’ouïe” (Rom. X, 17). Du haut de cette chaire elle proclame la doctrine immuable et victorieuse dans la langue du peuple qui l’écoute; mais sa mission n’est pas uniquement d’instruire ce peuple. Si elle lui révèle les vérités divines, c’est afin de l’unir à Dieu par les mystères de l’autel; après avoir éclairé sa foi, elle le met en communication avec Dieu par l’amour. Quand elle a fait naître en lui le désir du bien infini, en présence duquel il n’y a plus ni savant ni ignorant, elle remonte, comme Moïse, sur la montagne, et sa voix cesse de se faire entendre aux oreilles pour ne plus retentir que dans les cœurs” (22).

IX. Les objections confirment la thèse: les lectures bibliques en langue vernaculaire

Les lectures bibliques au moins (épître, évangiles) devraient être faites en langue vulgaire, entend-on dire; elles constituent en effet une des parties de la Messe dédiées à l’instruction des fidèles.
Cet argument trouve des partisans même parmi les traditionalistes: innombrables sont les Messes où les lectures sont faites exclusivement en langue vernaculaire, conformes en cela à la réforme de Paul VI; moi-même je me rappelle les pressions exercées par Mgr Lefebvre, son insistance pour qu’en Italie nous adoptions nous aussi cet usage. Dom Guéranger, en fidèle défenseur de la liturgie catholique, n’était pas de cet avis: pour lui, un des inconvénients de la récitation du canon à voix haute, était d’ouvrir la porte à la lecture de la Bible en langue vernaculaire. “Si on lisait le Canon à haute voix le peuple demanderait qu’on le lût en français; si la Liturgie et l’Ecriture Sainte se lisaient en langue vulgaire, le peuple deviendrait juge de l’enseignement de la foi sur les matières controversées…” (23). Seul le catholique ignorant de sa propre religion pourra s’étonner ou, pire encore, se scandaliser des paroles de Dom Guéranger. Car l’abbé de Solesmes ne fait que répéter la doctrine de l’Eglise à ce sujet.
En effet la quatrième règle de l’Index des livres interdits publié sur ordre du Concile de Trente dit: “Puisque l’expérience montre de façon évidente que [la lecture de] la Sainte Bible autorisée en langue vulgaire sans les précautions nécessaires, devient, du fait de la témérité des hommes, plus préjudiciable qu’utile; que l’on s’en tienne, à ce sujet, au jugement de l’Evêque ou de l’Inquisiteur de façon à ce que, avec le conseil du curé ou du confesseur, puisse être concédée la lecture de la Bible traduite en langue vulgaire par des catholiques, seulement à ceux qui seront reconnus capables de retirer de cette lecture une augmentation de Foi et de dévotion, et non un dommage; cette autorisation doit être consignée par écrit. Par contre quiconque sera présumé conserver ou lire [la Bible en langue vulgaire] sans cette permission, ne pourra être absous de ses péchés s’il n’a auparavant consigné la Bible à l’ordinaire du lieu…”
C’est contre ces mesures du Concile de Trente que s’élevèrent les thèses sur la lecture de la Bible de l’oratorien Quesnel (1634-1719), sectateur de l’hérésie janséniste:
“79° thèse: Il est utile et nécessaire en tout temps, en tout lieu et pour toute catégorie de personnes, d’étudier et de connaître l’esprit, la piété et les mystères de la Sainte Ecriture.
80°: La lecture de la Sainte Ecriture est pour tous.
81°: La sainte obscurité des paroles de Dieu n’est pas un motif pour les laïques de se dispenser de la lire.
82°: Les chrétiens doivent sanctifier le dimanche par les lectures de dévotion et plus particulièrement de la Sainte Ecriture. Vouloir détourner le chrétien de cette lecture est préjudiciable.
83°: C’est une erreur que de se persuader que la connaissance des mystères de la religion ne doit pas être communiquée aux femmes par la lecture des livres sacrés. L’abus des Ecritures et les hérésies ne sont pas nés de la simplicité des femmes mais de la science orgueilleuse des hommes.
84°: Enlever des mains des chrétiens le Nouveau Testament ou le tenir fermé, leur ôtant le moyen de le comprendre [à cause du latin] signifie fermer la bouche à Jésus-Christ.
85°: Interdire aux chrétiens la lecture de la Sainte Ecriture, spécialement des Evangiles, veut dire interdire l’usage de la lumière aux fils de la lumière et leur faire souffrir une sorte d’excommunication” (Denz. 1429-1435). Ces thèses furent condamnées par le Pape Clément XI dans la Constitution dogmatique “Unigenitus” (8 sept. 1713).
Ce simple rappel de la doctrine catholique (niée par Quesnel) nous fait comprendre le chemin parcouru en direction du protestantisme avec Vatican II. Amerio écrit: “Le Concile [Vatican II] en effet passa outre les décrets antijansénistes et les prescriptions de Pie VI. Contre la popularisation de l’Ecriture à la façon protestante et janséniste, Pie VI avait établi que la lecture de la Bible n’est nécessaire ni ne convient à tous (Denz. 1507 et 1429). A l’inverse le Concile Vatican II (DV, 25) [Dei Verbum] recommande très vivement à tous les fidèles l’étude fréquente de la Bible” (24).
On voit immédiatement comment, à moins d’accepter l’optique janséniste et protestante, on ne peut sans discrimination lire la Sainte Ecriture en langue vulgaire au peuple. Celui qui soutient qu’au moins pendant la Messe les lectures doivent être faites en langue vulgaire et non en latin, ne sait pas ce qu’il dit… Lire en langue vulgaire (après la lecture en latin) n’est possible que si le prêtre explique ensuite la signification exacte de ce qui a été lu. Ce seul argument suffirait donc pour refuser l’introduction de la langue vulgaire dans la liturgie.

X. La liturgie en langue vernaculaire a toujours été voulue par les hérétiques

Nous sommes en train d’exposer les “raisons graves” pour lesquelles l’Eglise refuse l’introduction de la langue vulgaire dans la liturgie, avec pour conséquence pratique l’abolition du latin. Nous ne pouvons donc passer sous silence un dernier argument: qui prône l’introduction dans la liturgie de la langue populaire se met du côté de tous les hérétiques.
En 1878, entre autres principes de “l’hérésie antiliturgique”, en huitième position, Dom Guéranger énonçait: “La réforme liturgique ayant pour une de ses fins principales l’abolition des actes et des formules mystiques, il s’ensuit nécessairement que ses auteurs devaient revendiquer l’usage de la langue vernaculaire dans le service divin. Aussi est-ce là un des points les plus importants aux yeux des sectaires. Le culte n’est pas une chose secrète, disent-ils. Il faut que le peuple entende ce qu’il chante. La haine de la langue latine est innée au coeur de tous les ennemis de Rome. Ils voient en elle le bien des catholiques dans tout l’univers, l’arsenal de l’orthodoxie contre toutes les subtilités de l’esprit de secte, l’arme la plus puissante de la Papauté”. (25).
C’est ainsi que les schismatiques orientaux furent favorables à la langue vernaculaire dans la liturgie. Le furent également, au XIIème siècle, les Vaudois et les Cathares: “Ces sectaires – rappelle Dom Guéranger – qui prétendirent les premiers à l’interprétation libre de la Bible par le jugement individuel, furent aussi les premiers à protester contre la langue liturgique, et à célébrer les mystères et les sacrements en langue vernaculaire. Ils firent de cette pratique un des articles fondamentaux de leur secte…” (26). Après eux vinrent Wiclef en Angleterre et Huss en Bohême. Erasme de Rotterdam fut censuré par l’université de la Sorbonne pour avoir jugé chose inconvenante et ridicule de voir des ignorants “prier sans comprendre ce qu’ils prononcent” (27). Pour les théologiens de la Sorbonne “cette proposition… est impie, erronée et ouvre la voie à l’erreur des Bohémiens qui ont voulu célébrer l’office ecclésiastique en langue vulgaire…” (26).
Tous connaissent la position de Luther et des autres protestants condamnés aussi sur ce point par le Concile de Trente (Denz. 956). Le pasteur protestant Rilliet, à propos du schéma conciliaire (de Vatican II, évidemment) sur la liturgie, écrivait: “L’adoption, dans la liturgie, de la langue populaire est conforme à nos propres principes” (27). Les jansénistes ne firent pas mieux. Pasquier-Quesnel fut condamné pour avoir soutenu qu’“enlever aux gens simples [par l’usage du latin dans la liturgie, n.d.a.] cette consolation d’unir leur propre voix à celle de toute l’Eglise est un usage contraire à la praxis apostolique et à l’intention de Dieu” (Proposition 86, Denz. 1436). Le conciliabule de Pistoie, voulu par l’Evêque janséniste Scipione de Ricci, avait souhaité “une simplicité plus grande des rites, exposés en langue vernaculaire et proférés à voix haute” car l’usage contraire de l’Eglise provenait, selon le synode, de l’oubli des principes de la liturgie. Le Pape Pie VI condamna cette prétention comme “téméraire, offensante pour les oreilles pieuses, injurieuse pour l’Eglise, favorable aux revendications des hérétiques contre l’Eglise” (Denz. 1533). Cette bulle de Pie VI “Auctorem fidei” condamnait pareillement une autre proposition du Synode de Pistoie, proposition reprenant l’erreur de Quesnel. Les jansénistes déclaraient qu’il est “contraire à la pratique des Apôtres et aux desseins de Dieu de ne pas offrir au peuple le moyen le plus facile d’unir sa propre voix à celle de toute l’Eglise”. Cette affirmation – écrit Pie VI – “entendue dans le sens d’introduire l’usage de la langue vernaculaire dans les prières liturgiques est fausse, téméraire, perturbatrice des règles prescrites pour la célébration des mystères, cause facile de très nombreux maux” (Denz. 1566).
Un catholique qui, instinctivement, aime tout ce qui émane de l’Eglise et fuit également spontanément tout ce qui rappelle l’hérésie, ne peut désirer ce que l’Eglise a toujours contrecarré, ce à quoi les hérétiques ont toujours tenu: le remplacement du latin par les langues vernaculaires dans la liturgie.

XI. Abolition du latin dans la réforme conciliaire: ses étapes.

Nous venons d’analyser deux positions constamment maintenues au cours des siècles: l’une catholique en faveur du latin, l’autre, celle des hérétiques, toujours à l’opposé. Dans quel courant vont donc se situer les réformes conciliaires et postconciliaires? Bien entendu, comme sur des points beaucoup plus importants, dans celui qui n’est pas catholique.
La constitution conciliaire sur la Liturgie Sacrée, “Sacrosanctum Concilium” approuvée le 4 décembre 1963, fut le premier document de Vatican II et la question liturgique la première traitée dans l’aula conciliaire. Déjà lors des séances de préparation des schémas conciliaires, catholiques et réformistes se livrèrent bataille au sujet de la liturgie. Le Père Wiltgen s.v.d. rapporte le cas dramatique du Cardinal Gaetano Cicognani, frère du Card. Amleto, secrétaire d’état de Jean XXIII. En accord avec la congrégation des rites, le Président de la commission préconciliaire sur la liturgie, le Card. Gaetano Cicognani, se refusait à signer le schéma préparatoire. Or sa signature était indispensable; Jean XXIII, et Bugnini, voulaient lui faire souscrire ce document révolutionnaire. «Jean XXIII appela son secrétaire d’Etat et le pria d’aller trouver son frère et de ne revenir qu’une fois que le schéma aurait été dûment signé. Le 1er février 1962 le secrétaire d’état alla donc voir son frère dans son bureau; il trouva Mgr Felici et le P. Bugnini dans le couloir, et informa son frère du désir du Souverain Pontife. Plus tard, un expert de la commission préconciliaire de liturgie affirma que le vieux cardinal était au bord des larmes, qu’il agitait le document en disant: « On veut me faire signer çà, je ne sais que faire ». Puis il posa le texte sur son bureau, prit une plume et signa. Quatre jours plus tard il était mort» (28).
Le schéma, passant sur le cadavre de Cicognani, parvint au Concile, et fut soumis à l’examen à partir du 22 octobre 1962; en novembre il était approuvé dans son ensemble. Dès les premières discussions s’affrontèrent les Evêques “romains” (fidèles au latin) et les “antiromains” qui y étaient opposés. D’un côté Dante, Bacci, Staffa, Parente, Ottaviani, de l’autre Zauner, Frings, Maximos IV, Montini (29). Ce fut en cette occasion que le Cardinal hollandais Alfrink, applaudi par les Pères Conciliaires, coupa la parole au Card. Ottaviani à demi-aveugle en débranchant le microphone (30 octobre 1962) (30). L’un des Pères de la constitution conciliaire, Mgr Zaumer, Evêque de Linz, exposa les quatre grands principes du document:

  1. «“…Le culte divin doit être une action communautaire; autrement dit, le prêtre doit faire tout ce qu’il fait avec la participation active du peuple et jamais seul”. Selon lui, l’usage de la langue vulgaire était la condition nécessaire d’une telle participation.
  2. «Les fidèles devaient être enrichis directement par la Sainte Ecriture….
  3. «Le culte liturgique ne devait pas uniquement aider les fidèles à prier, mais aussi les enseigner…
  4. «“Là où les coutumes tribales ne comportent pas d’éléments superstitieux, elles peuvent désormais être introduites dans la liturgie” (31).

«Mgr Zauner ajouta qu’il était “extrêmement satisfait” de la Constitution sur la liturgie et qu’il n’avait jamais osé espérer “que l’on pourrait aller si loin”» (31). En effet les principes énumérés sont le véritable décalque des thèses protestantes et jansénistes condamnées.
La Constitution conciliaire traite de la question du latin et des langues vernaculaires au n°36 pour la liturgie en général et au n°54 pour la Messe. Elle prescrit la conservation de la langue latine (n°36 §1) dans les rites latins, mais il ne s’agit que de dorer la pilule… Le n°36 §2 envisage déjà “une part plus importante” du vernaculaire, pour aboutir ensuite à “l’admission et extension de la langue vernaculaire” à la demande des Evêques (36 §3). En fait le vernaculaire est voulu dans toutes les parties de la liturgie “concernant le peuple” (36 §2; 54) avec possibilité “d’un plus ample usage” (n°54); voilà qui laisse la porte ouverte à une suite éventuelle.
Or elle ne se fera pas attendre. Une fois institué le “Consilium” en vue de l’application de la Constitution conciliaire sur la liturgie (29/2/1964), les premières normes sont données avec l’instruction “Inter Oecumenici” du 26 septembre 1964 (date anniversaire de Paul VI); le Concile est alors, en plein déroulement. A cette date, seuls restent encore debout la Préface et le Canon. La Préface en latin tombe le 27 avril 1965; le Canon le 4 mai 1967 avec l’Instruction “Tres abhinc annos”. En trois ans, presque jour pour jour, du “Sacrosanctum Concilium” §1 du n°36 il ne reste rien; subsiste seulement ce qui est conforme aux principes exposés par ce même document conciliaire. Compter sur le Concile pour défendre le latin, c’est prendre appui sur… des sables mouvants! Finalement seront célébrées conjointement et les funérailles du latin par Paul VI dans son discours du 27 novembre 1969, et le couronnement de l’oeuvre conciliaire par le “Novus Ordo Missae” (la “nouvelle messe”) (32).

XII. Abolition du latin dans la révolution liturgique conciliaire: jugement

Les réformes conciliaire et post-conciliaire (réalisées par les organes compétents du Vatican, mais sous le contrôle de Paul VI et avec son approbation), ont rompu avec une discipline plus que millénaire de l’Eglise Catholique, discipline fixée “pour de graves raisons” (Pie XII) par le Concile de Trente, par Clément XI, Pie VI, saint Pie X, Pie XI, Pie XII, et, quoique de façon contradictoire, par Jean XXIII.
Le motif de cette rupture progressive invoqué par le Concile et par Paul VI ne diffère en rien de celui, d’inspiration protestante, avancé par Quesnel et Scipion de Ricci et déjà condamné par l’Eglise (la participation active des fidèles empêchée par le latin) (34). Si ce motif ne tombe pas sous l’anathème du Concile de Trente contre qui affirme que la Messe doit être dite en vernaculaire (Session XII, Canon IX) du moins il n’est pas hasardeux, à mon avis, d’appliquer à la rupture opérée de facto, le jugement déjà exprimé précédemment par l’Eglise, bien qu’il s’agisse d’une question “secondaire” par rapport à d’autres beaucoup plus importantes. Cette rupture peut donc être qualifiée de téméraire, offensante, injurieuse pour l’Eglise, favorable aux revendications des hérétiques, perturbatrice des règles prescrites pour la célébration des mystères, cause facile de nombreux maux.
Jamais nous n’aurions osé porter un jugement sur cette réforme de Paul VI et du Concile Vatican II si, du fait de ruptures encore plus importantes avec l’enseignement de l’Eglise, nous n’avions par ailleurs la certitude que ce “pape” n’avait pas l’autorité et que son concile n’était pas l’oeuvre de l’Eglise.

XIII. Pourquoi nous disons la Messe en latin?

A cette question, “Pourquoi dites-vous la Messe en latin?”, voilà quelle serait ma réponse: Tout simplement parce que c’est ainsi que le veut l’Eglise Catholique dans ses rubriques liturgiques et dans ses lois canoniques (can. 819 et1257). Tout simplement parce que nous sommes prêtres catholiques de rite latin.


Notes :
Copyright © 2016 - 2018 Centro Librario Sodalitium