L’hérésie antiliturgique

des jansénistes à Jean XXIII
1668-1960 – trois siècles de gestation des réformes conciliaires

(extrait de Sodalitium n°20)

par M. l’abbé Francesco Ricossa

Importance de la question liturgique

La liturgie, considérée en général, est l’ensemble des symboles, des chants et des actes au moyen desquels l’Église exprime et manifeste sa religion envers Dieu. (1)

Cette définition de la liturgie sacrée nous fait mesurer l’importance capitale du culte public que l’Église rend à Dieu.

Dans l’Ancien Testament Dieu lui-même se fait, pour ainsi dire, liturgiste, en précisant dans les plus petits détails le culte que devaient lui rendre ceux qui l’honoraient (2).

Une telle importance pour un culte qui n’était que l’ombre (3) de celui, sublime, du Nouveau Testament, lequel, par la Volonté de Jésus, Souverain Prêtre, doit perdurer jusqu’à la fin du monde par le moyen de Son Église!…

Dans la liturgie divine de l’Église catholique, tout est grand, tout est sublime, jusque dans les plus petits détails ; c’est cette vérité qui fit prononcer à sainte Thérèse d’Avila ces célèbres paroles : «Je donnerais ma vie pour la plus petite des cérémonies de la sainte Église».

Que le lecteur ne s’étonne donc pas de l’importance que nous donnerons dans cet article aux rubriques liturgiques, et de l’attention que nous prêterons aux “réformes” (que l’on pourrait juger mineures) qui ont précédé celles du concile Vatican II.

Les ennemis de l’Église ont, d’ailleurs, toujours été conscients de l’importance de la liturgie : faut-il rappeler que, depuis toujours, la corruption de la liturgie fut un moyen de la part des hérétiques d’atteintes à la Foi elle-même ? Ce fut ainsi avec les antiques hérésies christologiques, et puis, peu à peu, avec le luthéranisme et l’anglicanisme du XVIe siècle, avec les réformes illuministes et jansénistes du XVIIIe siècle… pour conclure avec le concile Vatican II lui-même qui a commencé ses travaux de “réforme” précisément avec le schéma sur la liturgie, débouchant sur le Novus Ordo Missæ.

Mgr. Hannibal Bugnini - 1912-1982
Mgr. Hannibal Bugnini – 1912-1982
Origines de la “réforme” liturgique de Vatican II

La “réforme” liturgique voulue par Vatican II et réalisée dans l’après-concile est une vraie révolution : «La voie ouverte par le concile est destinée à changer radicalement le visage des assemblées liturgiques traditionnelles», admet Mgr Hannibal Bugnini, l’un des principaux artisans de ladite “réforme”, le même ajoutant qu’il s’agit d’une «réelle rupture avec le passé». (4)

Or, aucune révolution n’éclate tout à coup, un beau jour, mais elle est le fruit de longs assauts, de chutes lentes et de concessions progressives.

L’objectif de notre article est d’exposer au lecteur, après une introduction de caractère historique, les origines de la révolution liturgique, spécialement après un examen des réformes des Rubriques, advenues en 1955 et en 1960.

En fait, si

une radicale rupture avec la tradition s’est consommée de nos jours avec l’introduction du Novus Ordo Missæ et des nouveaux livres liturgiques (…) on doit se demander où plongent les racines d’une telle désolation liturgique. Qu’elles ne soient pas à rechercher exclusivement dans le concile Vatican II, cela apparaîtra clairement à toute personne de bon sens.La Constitution liturgique du 4 décembre 1963 représente la passagère conclusion d’une évolution dont les causes multiples et non toutes homogènes remontent à un lointain passé. (5)

L’illuminisme

La pleine efflorescence de la vie ecclésiale à l’époque baroque (N.d.R.: Contre-réforme et concile de Trente) fut frappée, vers la fin du XVIIIe siècle, par le gel de l’illuminisme. On était insatisfait de la liturgie traditionnelle parce que l’on estimait qu’elle correspondait trop peu aux problèmes concrets de l’époque. (6)

L’illuminisme rationaliste trouva le terrain préparé et un solide allié en l’hérésie janséniste, qui comme le protestantisme, dont elle était la cinquième colonne, s’opposait à la liturgie romaine traditionnelle.

Joseph II dans l’empire des Habsbourg, l’épiscopat gallican en France, celui de Toscane en Italie, réuni au synode de Pistoie, effectuèrent des réformes et expérimentations liturgiques «qui ressemblent de façon surprenante aux actuelles : elles sont elles aussi fortement orientées vers l’homme et les problèmes sociaux» (7).

Nous pensons donc affirmer que dans l’illuminisme trouve sa racine la plus tenace l’actuelle désolation liturgique. Beaucoup d’idées de cette époque-là ont trouvé leur pleine actuation seulement en notre temps où nous assistons à un nouvel illuminisme.

L’aversion pour la tradition, la frénésie des nouveautés et réformes, le remplacement progressif du latin par la langue vulgaire, celui des textes ecclésiastiques et patristiques par la seule Écriture, la diminution du culte envers la Sainte Vierge et les Saints, le rationalisme à l’égard des miracles et des faits extraordinaires racontés dans les lectures liturgiques des Saints, la suppression du symbolisme liturgique et du mystère, enfin la réduction de la liturgie, jugée excessivement et inutilement longue et répétitive… nous retrouverons tous ces points de repère des réformes liturgiques jansénistes dans les réformes actuelles, à commencer par celle de Jean XXIII.

L’Église, dans les cas les plus graves, a condamné les novateurs : ainsi Clément IX condamna le Rituel du Diocèse d’Alet en 1668, Clément XI condamna l’oratorien Pasquier Quesnel (1634-1719) en 1713 (8), Pie VI anathématisa le synode de Pistoie et l’évêque Scipion de Ricci avec la bulle Auctorem Fidei de 1794 (9).

Le Mouvement Liturgique

Une réaction au gel illuministe est représentée par la restauration du XIXe siècle.(…) Se levèrent alors la grande abbaye bénédictine de Solesmes, en France, et celle de la Congrégation de Beuron. (10)

Dom Guéranger - 1805-1875
Dom Guéranger – 1805-1875
Dom Prosper Guéranger (1805-1875), abbé de Solesmes, restaura en France l’antique liturgie latine et donna naissance à un mouvement, appelé ensuite liturgique, ayant pour but de faire aimer et de défendre la liturgie traditionnelle de l’Église.

Un tel mouvement opéra pour le bien de l’Église jusqu’à saint Pie X, lequel par ses décisions remit en honneur le chant grégorien et trouva un équilibre admirable entre cycle temporal (fêtes de Notre Seigneur, dimanches et féries) et cycle sanctoral (fêtes des Saints).

Déviations du mouvement liturgique

Après saint Pie X, petit à petit, le dit Mouvement Liturgique dévia de ses intentions, pour rejoindre, par une révolution copernicienne, les thèses qu’il combattait à ses débuts.

Toutes les idées de l’hérésie antiliturgique – Dom Guéranger appelait ainsi les thèses liturgiques du XVIIIe siècle – furent reprises dans les années 20 et 30 par des liturgistes comme Dom Lambert Beauduin (1873 -1960) en Belgique et en France, Dom Pius Parsch et Romano Guardini en Autriche et en Allemagne.

Partant de la messe dialoguée, à cause «d’une excessive importance donnée à la part active des fidèles dans les fonctions liturgiques» (11), les réformateurs des années 30 et 40 parvinrent (spécialement dans les camps scouts et les associations de jeunesse et d’étudiants) à introduire de facto rien moins que la messe en langue vulgaire, la célébration sur une table face au peuple, la concélébration.

Parmi les jeunes prêtres qui se délectaient aux expériences liturgiques, se trouvait à Rome, en 1933, le chapelain de la Fédération Universitaire des Catholiques Italiens (F.U.C.I.), Jean-Baptiste Montini, (futur Paul VI) fort heureusement contesté par le cardinal Vicaire (12).

Dom Pius Parsch, J.B.Montini (Paul VI), Dom Lambert Beauduin)

En Belgique, Dom Beauduin donnait au Mouvement Liturgique un objectif explicitement œcuménique, en avançant l’hypothèse d’une église anglicane unie (à la catholique) mais non absorbée, et en fondant un monastère pour l’union avec les “orthodoxes” orientaux, qui eut pour résultat de “convertir” beaucoup de ses moines au schisme d’Orient.

Rome intervient : l’encyclique contre le mouvement œcuménique, Mortalium animos (1928) est suivie, en 1929 et 1932 par des rappels (trop) discrets qui le détourne pour un temps de son activité (13).

Un grand protecteur de Beauduin était naturellement le cardinal Mercier, pionnier de l’œcuménisme “catholique” et défini par Sodalitium Pianum comme lié avec tous les traîtres de l’Église (14).

Dans les années 40, le travail de sabotage de semblables liturgistes avait déjà obtenu le soutien d’une grande partie de l’épiscopat, spécialement en France (avec le C.P.L.: Centre de pastorale liturgique) et dans le Reich allemand.

Au début de 1943, le 18 janvier,

se trouve lancée l’attaque la plus sérieuse contre le Mouvement Liturgique (…) de la part d’un membre éloquent et vigoureux de l’épiscopat, l’archevêque de Fribourg(-en-Brisgau) Conrad Gröber.

(…)

Dans une longue lettre adressée à ses confrères dans l’épiscopat, Gröber résumait en 17 points ses préoccupations concernant l’Église. (…) Il critiquait la théologie kérigmatique, le mouvement de Schënstatt, mais par-dessus tout le Mouvement Liturgique (…) y associant implicitement le cardinal Theodor Innitzer.

(…)

Peu savent que le professeur Karl Rahner s.j. qui vivait alors à Vienne (N.d.R.: diocèse du cardinal Innitzer) écrivit (…) une réplique à Gröber. (15)

Nous retrouverons Karl Rahner comme expert conciliaire de l’épiscopat allemand au concile Vatican II, aux côtés de Hans Küng et Schillebeeckx.

Le cardinal Mercier, Conrad Gröber, Karl Rahner

La question parvint à Rome : en 1947 l’encyclique de Pie XII sur la liturgie, Mediator Dei, aurait dû décréter la condamnation du Mouvement Liturgique en déviation.

Pie XII

exposa fortement la doctrine catholique (…) mais cette encyclique fut détournée de son sens par les commentaires qu’en firent les novateurs ; et Pie XII, s’il rappela les principes, n’eut pas le courage de prendre des mesures efficaces contre les personnes ; il aurait fallu dissoudre le C.P.L. et interdire un bon nombre de publications. Mais ces mesures auraient entraîné un conflit ouvert avec l’épiscopat français. (16)

Ayant mesuré la faiblesse de Rome, les novateurs comprirent qu’ils pouvaient aller (prudemment) de l’avant : des expérimentations, on passa aux réformes officielles romaines.

Pie XII - (E. Pacelli) 1876-1958
Pie XII – (E. Pacelli) 1876-1958
Les réformes de Pie XII

Pie XII n’estimait pas d’une extrême gravité le problème liturgique qui opposait les évêques allemands : «il se produit en nous une étrange impression, écrivait-il à Mgr Gröber, si, comme en dehors du temps et du monde, la question liturgique se trouve présentée comme le problème du moment» (17). Si avec ces paroles Pie XII désavouait les représentants du Mouvement Liturgique, il n’en minimisait pas moins le danger.

Les novateurs surent ainsi infiltrer leur cheval de Troie dans l’Église, en le faisant passer par la porte, laissée presque sans défense, de la liturgie et profitant du peu d’attention du Pape Pacelli en la matière.

Ils étaient appuyés par des personnes de l’entourage du pontife, comme son propre confesseur Agostino Bea s.j, futur cardinal et bientôt défenseur déclaré de l’œcuménisme.

Éclairant est le témoignage suivant de Mgr Bugnini :

La Commission (pour la réforme de la liturgie, créée en 1948) jouissait de la pleine confiance du Pape, tenu au courant par Mgr Montini et, plus encore, de façon hebdomadaire, par le père Bea, confesseur de Pie XII. Par cette voie on put enregistrer des résultats notables même dans les périodes où la maladie du Pape empêchait quiconque de l’approcher .(18)

Le cardinal Bea - 1881-1968
Le cardinal Bea – 1881-1968
Le père Bea fut à l’origine de la première réforme liturgique de Pie XII, à savoir la nouvelle traduction liturgique des Psaumes, qui remplaça celle de la Vulgate de saint Jérôme, si honnie des protestants en tant qu’elle était la traduction officielle de la Sainte Écriture dans l’Église, déclarée authentique par le concile de Trente.

À cette réforme (motu proprio In Cotidianis Precibus du 24 mars 1945) dont l’usage était, au moins en théorie, facultatif et qui eut peu de succès, firent suite d’autres réformes plus durables et encore plus graves :

  • 18 mars 1948 
    Constitution, avec comme secrétaire Hannibal Bugnini, d’une Commission Pontificale pour la Réforme de la Liturgie (qui ressemble, aussi dans le nom, au Consilium ad exequendam constitutionem de Sacra Liturgia instituée par Paul VI en 1964 et qui enfantera la nouvelle “messe”),
  • 6 janvier 1953 
    Constitution Ap. Christus Dominus sur la réforme du jeûne eucharistique,
  • 23 mars 1955
    Décret Cum hac nostra ætate, réforme (non publiée aux Acta Apostolica Sedis et non imprimée dans les livres liturgiques) des Rubriques du Missel et du Bréviaire,
  • 19 novembre 1955
    Décret Maxima Redemptionis introduisant le nouveau rite de la Semaine Sainte, déjà inauguré pour ce qui regarde le Samedi Saint, ad experimentum, en 1951.

Nous consacrerons le chapitre suivant à la réforme de la Semaine Sainte ; que dire pour l’instant, de celle des Rubriques et du Missel, opérée la même année par Pie XII ?

Comme elles ont été déclarées facultatives, on tend à les oublier : elles furent cependant une étape considérable de la réforme liturgique. Absorbées et augmentées par la réforme de Jean XXIII, elles seront examinées en détail avec celles du successeur.

Il suffit de dire, pour lors, que la réforme de 1955 tendait à abréger l’Office divin et à diminuer le culte des saints : toutes les fêtes de rite semi-double et simple devenaient simples mémoires ; en Carême et durant la Passion le choix entre l’office d’un saint et celui de la férie devenait libre, on diminuait nombre de vigiles et les octaves étaient réduites à trois. Supprimés les Pater, Ave et Credo à réciter avant les heures liturgiques, l’Antienne finale à la Sainte Vierge était elle aussi supprimée (sauf celle des Complies), également le Symbole de saint Athanase (hormis une fois l’an).

Bonneterre, dans son œuvre citée, tout en reconnaissant que les réformes de la fin du pontificat de Pie XII sont «les premières étapes de l’autodémolition de la liturgie romaine» (N.d.R.: Nous ne voyons pas comment la Liturgie puisse “s’autodémolir”) cherche à garantir leur parfaite légitimité à cause de la «sainteté» de qui les a promulguées.

Pie XII, écrit-il, a donc entrepris, en toute pureté d’intention, des réformes exigées par les besoins des âmes, sans se rendre compte - et il ne le pouvait pas - qu’il ébranlait la liturgie et la discipline à une des périodes les plus critiques de leur histoire, et surtout sans réaliser qu’il mettait en pratique le programme du Mouvement Liturgique dévoyé (19).

Jean Crété commente :

l’abbé Bonneterre reconnaît que ce décret marque le début de la subversion de la liturgie, mais cherche à excuser Pie XII en disant qu’à l’époque personne, en dehors des hommes du parti de la subversion, ne pouvait s’en rendre compte.

Je puis au contraire lui apporter sur ce point un témoignage catégorique.

Je me rendais très bien compte que ce décret n’était que le début d’une subversion totale de la liturgie ; et je n’étais pas le seul.

Tous les vrais liturgistes, tous les prêtres attachés à la tradition étaient consternés. La congrégation des rites n’était pas du tout favorable à ce décret, œuvre d’une commission spéciale.

Lorsque, cinq semaines plus tard, Pie XII annonça l’introduction de la fête de saint Joseph artisan, l’opposition se manifesta ouvertement : pendant plus d’un an, la congrégation des rites refusa de composer l’office et la messe de la nouvelle fête.

Il fallut plusieurs interventions du Pape pour que la congrégation des rites se résigne, de mauvaise grâce, à publier à la fin de 1956 un office si mal composé qu’on peut se demander s’il n’a pas été saboté volontairement.

Et c’est seulement en 1960 que furent composées les mélodies (qui sont des modèles de mauvais goût) de l’office et de la messe.

Nous racontons cet épisode peu connu pour donner une idée de la violence des réactions suscitées par les premières réformes liturgiques de Pie XII. (20)

Le nouveau rite de la Semaine Sainte

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Le renouveau (liturgique) a montré clairement que les formules du missel romain devaient être revues et enrichies.

Le renouveau a été engagé par Pie XII lui-même avec la restauration de la veillée pascale et de l’Ordo de la Semaine Sainte, qui constitue la première étape de l’adaptation du missel romain aux besoins de notre époque. (21)

Ce sont les paroles mêmes de Paul VI dans la “promulgation” du nouveau missel.

De façon analogue mais venant d’un autre bord, voici ce qu’écrit Mgr. Gamber :

Le premier pontife à avoir apporté un véritable et réel changement dans le Missel traditionnel fut Pie XII, avec l’introduction de la nouvelle liturgie de la Semaine Sainte.

Reporter la cérémonie du Samedi Saint à la nuit de Pâques cela aurait été possible sans grandes modifications. Jean XXIII poursuivit la tâche avec le nouveau code des Rubriques.

Du reste en cette occasion, le Canon de la Messe reste intact (N.d.R.: Presque. Rappelons l’introduction au· Canon, du nom de saint Joseph, voulue par Jean XXIII durant le concile, contre la tradition qui veut dans le Canon uniquement des noms de martyrs, à unir au Grand Martyr Jésus dans Son Sacrifice) et ne fut pas le moins du monde altéré, mais après ces précédents il est vrai que furent ouvertes les portes à un ordonnancement de la liturgie romaine, radicalement nouveau. (22)

Le décret Maxima Redemptionis par lequel s’introduit en 1955 le nouveau rite parle exclusivement du changement d’horaire des cérémonies des Jeudi, Vendredi et Samedi Saints, dans le but de faciliter aux fidèles l’assistance aux rites sacrés reportés au soir, après des siècles ; mais en aucun passage du décret, il n’est fait la moindre allusion au dramatique changement des textes et des cérémonies elles-mêmes, opéré grâce au nouveau rite et en rien justifié par un quelconque motif pastoral !

En réalité le nouveau rite de la Semaine Sainte fut une répétition générale de la réforme ; en témoigne le dominicain moderniste Chenu :

Le père Duployé suivait tout cela avec une lucidité passionnée.

Je me rappelle qu’il me dit un jour, bien plus tard : «Si nous réussissons à restaurer la vigile pascale dans sa splendeur primitive, le mouvement liturgique aura vaincu ; je me donne dix ans pour cela». Dix ans après c’était chose faite. (23)

De fait, le nouveau rite de la Semaine Sainte, s’insérant comme un corps étranger dans le reste du missel encore traditionnel, obéissait aux principes que nous retrouverons dans les réformes de Paul VI en 1965.

hqdefault-1_optLa Sainte MesseFaisons quelques exemples :

  • Paul VI supprimera en 1965 le dernier évangile : en 1955 il est supprimé de la Semaine Sainte.
  • Paul VI supprimera le Psaume Judica me avec les prières au bas de l’autel : la Semaine Sainte de 1955 en faisait l’anticipation.
  • Paul VI (suivant en cela Luther) voudra la célébration de la Messe face au peuple : le Novus Ordo de la Semaine Sainte débute avec l’introduction d’un tel usage autant que possible (spécialement le dimanche des Rameaux).
  • Paul VI désire voir diminuer le rôle du prêtre, remplacé à tout bout de champ par ses ministres : déjà en 1955, le célébrant ne lit plus les lectures, épîtres et Évangiles (Passion) qui sont chantés par les ministres - bien que faisant partie de la Messe - et va s’asseoir dans un coin, oublié.
  • Paul VI, toujours dans la nouvelle “messe” de 1969, sous le prétexte de restaurer l’antique rite romain, supprime de la messe tous les éléments de la liturgie “gallicane” (antérieure à Charlemagne), suivant en cela un mauvais “archéologisme” condamné par Pie XII. Ainsi disparaît l’offertoire (à la grande joie des protestants) remplacé par un rite talmudique qui n’a rien à voir avec l’antique rite romain.
    Selon le même principe, le nouveau rite de la Semaine Sainte supprime toutes les oraisons de la bénédiction des rameaux (sauf une), l’épître, l’offertoire et la préface qui précèdent, la messe des présanctifiés du Vendredi Saint…
  • Paul VI, bravant les anathèmes du concile de Trente, supprime l’Ordre sacré du sous-diaconat ; le nouveau rite de la Semaine Sainte laisse en scène un sous-diacre toujours plus inutile, vu qu’il lui substitue le diacre (au Levate des oraisons du Vendredi Saint) ou bien le chœur et le célébrant (à l’adoration de la Croix).
  • Paul VI veut-il l’œcuménisme ?
    La nouvelle Semaine Sainte inaugure cet œcuménisme en appelant l’oraison du Vendredi Saint pour la conversion des hérétiques : Oraison pour l’unité de l’Église, et en introduisant la génuflexion à l’oraison pour les juifs, que l’Église refusait par rejet du déicide accompli le Vendredi Saint.
    Les symbolismes médiévaux sont supprimés (ouverture de la porte de l’église au chant du Gloria Laus, par exemple), la langue vernaculaire introduite (promesses du baptême), le Pater Noster récité par tous (Vendredi Saint), les oraisons pour l’Empire remplacées par d’autres oraisons pour ceux qui gouvernent la “chose publique”, de saveur très moderne.
    Au Bréviaire on supprime le si émouvant Miserere répété à toutes les heures.
    L’Exsultet pascal se trouve bouleversé par la suppression du symbolisme de ses paroles ; toujours le Samedi Saint, huit lectures sur douze sont supprimées.
    Le chant de la Passion, si touchant, subit de très graves censures : disparaît jusqu’à la dernière Cène, dans laquelle Jésus, déjà trahi, a célébré pour la première fois dans l’histoire le Sacrifice de la Messe.
    Le Vendredi Saint, distribution de la communion, contrairement à la tradition de l’Église et à la condamnation de saint Pie X à l’encontre de ceux qui voulaient instaurer cet usage. (24)
  • En plus, toutes les rubriques du nouveau rite de 1955 insistent continuellement sur la participation des fidèles d’une part, tandis que d’autre part elles blâment comme des abus beaucoup des dévotions populaires (si chères aux fidèles) qui accompagnent la Semaine Sainte.

Quoique sommaire, cet examen de la réforme de la Semaine Sainte permet au lecteur - du moins nous le pensons -de se rendre compte de la façon dont les “experts” qui fabriquèrent 14 années après la nouvelle “messe” avaient utilisé - et exploité - la Semaine Sainte pour accomplir sur elle - comme in corpore vili - leurs expérimentations liturgiques devant être appliquées ensuite à toute la liturgie.

A.G. Roncalli, Jean XXIII - 1881-1963
A.G. Roncalli, Jean XXIII – 1881-1963
Jean XXIII

À Pie XII succède Jean XXIII, Angelo Roncalli.

Professeur au séminaire de Bergame, il fut inquiété parce qu’il suivait les textes de Duchesne, prohibés sous saint Pie X dans tous les séminaires italiens, et dont l’œuvre Histoire ancienne de l’Église, fut mise à l’Index (25).

Nonce à Paris, Roncalli dévoilera son adhésion aux thèses du Sillon, condamnées par saint Pie X, avec une lettre à la veuve de Marc Sangnier, fondateur du mouvement proscrit, dans laquelle, entre autres, il écrit :

La puissante fascination de sa parole, de son âme, m’avait ravi, et je garde de sa personne et de son activité politique et sociale le souvenir le plus vif de toute ma jeunesse sacerdotale. (26)

Saint Pie  X - 1835-1914
Saint Pie X – 1835-1914

Nommé patriarche de Venise, il souhaitera publiquement la bienvenue aux socialistes arrivés dans sa ville pour le congrès du parti.

Devenu Jean XXIII, il crée cardinal Mgr Montini, annonce le concile Vatican II et écrit l’encyclique Pacem in terris, dans laquelle il affirme déjà, en la camouflant avec une phrase volontairement ambiguë, cette liberté religieuse qui sera proclamée par le concile, comme en témoigne le néo-cardinal Pavan, collaborateur de Jean XXIII.

L’attitude de Jean XXIII, à la mort de Pie XII en 1958, ne pouvait être différente, en matière liturgique, de celle affichée dans les autres camps.

Dom Lambert Beauduin, que le lecteur connaît désormais comme étant pratiquement le promoteur du mouvement liturgique moderniste, et ami de Roncalli de longue date (depuis 1924), le savait bien.

Le père Bouyer témoigne que Dom Beauduin lui dit le jour de la mort de Pie XII :

S’ils élisaient Roncalli, tout serait sauvé : il serait capable de convoquer un concile et de consacrer l’œcuménisme. (27)

Le 25 juillet 1960 Jean XXIII publie le Motu proprio Rubricarum Instructum.
Déjà il avait décidé de convoquer le concile Vatican II et de procéder à la réforme du droit canon ; avec ce Motu proprio Jean XXIII annexe et aggrave les réformes des Rubriques de 1955-56 :

Nous sommes arrivés à décider, écrit-il, que l’on devait présenter aux pères du futur concile les principes fondamentaux concernant la réforme liturgique, et que l’on ne devait pas différer plus longtemps la réforme des Rubriques du Bréviaire et du Missel romain.

Dans ce cadre aussi peu orthodoxe, avec des artifices aussi douteux, dans un climat déjà “conciliaire”, naissent le Bréviaire et le Missel de Jean XXIII, conçus comme liturgie de transition destinée à durer, comme elle dura, trois ou quatre ans : transition entre la liturgie catholique consacrée au concile de Trente et celle hétérodoxe préconisée par Vatican II.

L’hérésie antiliturgique dans la réforme de Jean XXIII

Nous avons vu précédemment comment le grand Dom Guéranger définit hérésie antiliturgique l’ensemble des faux principes liturgiques du XVIIIe siècle, inspirés par l’illuminisme et par le jansénisme.

Je voudrais montrer dans ce chapitre, la ressemblance quelquefois littérale, entre les réformes de ce siècle passé et celles de Jean XXIII.

Réduction des Matines à 3 leçons

L’archevêque (tiers-partiste, c’est-à-dire philo-janseniste) de Paris, Vintimille, dans sa réforme du Bréviaire de 1736 «réduisit la majeure partie des offices à trois leçons, afin de les rendre plus courtes» (28).

Jean XXIII en 1960, réduit lui aussi à trois uniques leçons la quasi-totalité des Offices.

Il s’ensuit la suppression d’un tiers de la Sainte Écriture, des deux tiers des vies des Saints et de presque trois tiers (la totalité) des commentaires des Pères sur l’Écriture.

Afin d’aider le lecteur, nous lui montrons, en un petit schéma, ce qui reste des Matines (sauf pour les fêtes de Ire et IIe classe) après la réforme, tout en n’oubliant pas que les Matines sont une partie considérable du Bréviaire.

Image sur la réduction des Matines

Diminution des formules de style ecclésiastique au profit de la Sainte Écriture

Le second principe de la secte antiliturgique est de remplacer les formules de style ecclésiastique par des lectures de la Sainte Écriture. (29)

Tandis que le Bréviaire de saint Pie X faisait le commentaire de la Sainte Écriture par les Pères, celui de Jean XXIII garde pratiquement intactes les leçons scripturaires, comme nous l’avons vu plus haut, et les laisse sans le commentaire de l’Église, supprimant le commentaire patristique (est supprimé le commentaire à l’Ancien Testament ou aux épîtres, 5 ou 6 lignes de commentaire de l’Évangile du dimanche demeurent).

Enlever du dimanche les fêtes des saints

C’est leur (N.d.R. :des janséniste) grand principe de la sainteté du dimanche qui ne permet pas qu’on dégrade ce jour jusqu’à le consacrer au culte d’un saint, ni même de la Sainte Vierge.

(…)

À plus forte raison, les doubles majeurs ou mineurs, qui diversifient si agréablement, pour le peuple fidèle, la monotonie des dimanches, en lui rappelant les amis de Dieu, leurs vertus et leur protection, devaient-ils être pour jamais renvoyés à des jours fériés dans lesquels leur fête s’écoulerait silencieuse et inaperçue. (30)

Jean XXIII, allant bien au-delà de la réforme équilibrée de saint Pie x, réalise presque à la lettre l’idéal des hérétiques jansénistes : seulement neuf fêtes de saints peuvent prévaloir sur le dimanche (saint Joseph en mars et en mai, trois fêtes mariales : l’Annonciation, l’Assomption et l’Immaculée Conception, saint Jean Baptiste, saint Pierre et saint Paul, saint Michel et la Toussaint) contre les 32 que comptait le calendrier de saint Pie X, dont beaucoup étaient d’anciennes fêtes de précepte.

Bien plus, le dimanche, Jean XXIII abolit les commémorations des saints.

Pour réaliser ces objectifs, la réforme de 1960 élève tous les dimanches au rang de 1re et 2è classe et réunit presque tous les saints en une 3è classe créée ex nova, annulant ainsi , comme nous le voyons à partir du schéma, ces fêtes de rang double majeur ou mineur, que loue Dom Guéranger.

Image sur les changements dans la hiérarchie des fêtes

Favoriser l’office de la férie aux dépens des fêtes des saints

Dom Guéranger décrit ensuite les manœuvres jansénistes :

Le calendrier sera désormais épuré, et le but avoué de Grancolas (1727) et de ses complices est de faire que le clergé préfère l’office de la férie à celui des saints.

Quel lamentable spectacle que de voir pénétrer dans nos églises des maximes entachées de calvinisme, et si grossièrement opposées à celles du Siège apostolique, qui n’a cessé depuis deux siècles de fortifier le calendrier de l’Église par l’accession de nouveaux protecteurs ! (31)

Jean XXIII a supprimé totalement 10 fêtes du calendrier (11 en Italie, avec la fête de Notre-Dame de Lorette), réduit 29 fêtes de rite simple et 9 de rite plus élevé au rang de mémoire, faisant ainsi prévaloir l’office férial; avec la suppression de presque toutes les octaves et vigiles, il a substitué 24 autres féries à des offices de saints (calculant par défaut, ne tenant pas compte du calendrier particulier et des fêtes mobiles) ; enfin, avec les nouvelles règles de carême que nous verrons ensuite, 9 autres saints, officiellement dans le calendrier, ne seront plus jamais fêtés.

En conclusion, la réforme de 1960-1962 sacrifie pour un principe calviniste, en l’épurant, environ 80 fêtes de saints.

Dom Guéranger précise que les jansénistes supprimèrent les fêtes des saints en carême (32).

De la même façon se comporte Jean XXIII, sauvant seulement les fêtes de Ire et IIè classe ; puisque leur fête tombe toujours en Carême, on ne fêtera jamais plus un saint Thomas d’Aquin, un saint Grégoire le Grand, saint Benoît, saint Patrick, saint Gabriel archange, etc…

Censurer les miracles des vies de saints qui semblent légendaires

C’était le principe des liturgistes illuministes :

les vies des saints furent dépouillées d’une partie de leurs miracles et de leurs pieux récits. (33)

Nous avons vu que la réforme de 1960 supprimait deux des trois leçons du deuxième nocturne, où se lit la vie des saints.

Mais cela ne suffisait pas.

Comme nous l’avons dit, 11 fêtes sont totalement supprimées, probablement parce que “légendaires” pour les rationalistes préconciliaires : par exemple saint Vital, l’Invention de la Sainte Croix, le martyre non sanglant de saint Jean à la Porte Latine, l’apparition de saint Michel au mont Gargan, saint Anaclet, saint Pierre aux Liens, l’Invention (Recouvrement) de saint Étienne, Notre-Dame de Lorette (une maison qui vole ! Peut-on y croire au vingtième siècle ?) ; parmi les fêtes votives, saint Philomène (combien le Curé d’Ars était stupide d’y croire !).

e37bc6846be99fef83f40b_optD’autres saints peu illuministes sont éliminés plus discrètement : Notre-Dame du Carmel et de la Merci, saint Georges, saint Alexis, saint Eustache, Les stigmates de saint François restent comme mémoire dans un jour férié.

Deux Papes partent également, apparemment sans motif : saint Sylvestre (trop constantinien ?) et saint Léon II. Ce dernier, peut-être, parce qu’il condamna Honorius et Jean XXIII…

Signalons enfin un “chef-d’œuvre” qui nous touche de près.

De l’oraison de la messe de Notre-Dame du Bon Conseil, la réforme de 1960 a enlevé les paroles qui relataient l’apparition miraculeuse de son image.

Si la maison de Nazareth ne peut s’envoler jusqu’à Lorette, imaginons-nous si un tableau qui était en Albanie peut s’envoler à Genazzano.

Esprit antiromain

Les jansénistes supprimèrent une des deux fêtes de la Chaire de saint Pierre ; le 10 janvier, comme également l’octave de saint Pierre (34).

Identiques mesures avec Jean XXIII.

Suppression du Confiteor avant la communion des fidèles

(Missel de Troie, Dom Guéranger, p. 149, 150, 156). Même chose en 1960.

Réforme du Jeudi, Vendredi et Samedi saint

En 1736, avec le Bréviaire de Vintimille, « fait très grave et, encore plus, très douloureux pour la piété des fidèles » (35).

Ici Jean XXIII a été précédé, comme nous l’avons vu !

Idem avec la suppression de presque toutes les octaves (usage, qui se trouve déjà dans l’Ancien Testament, de solenniser les grandes fêtes pendant huit jours) anticipée par les jansénistes en 1736 (36) et répétée en 1955-60.

Faire, en somme, un Bréviaire très court et sans répétitions

C’était le rêve des liturgistes de la Renaissance (Bréviaire de Sainte Croix, aboli par saint Pie V) et ensuite par les illuministes.

Dom Guéranger commente :

ils veulent un Bréviaire «sans ces Rubriques compliquées qui obligent le prêtre à faire de l’Office Divin une étude sérieuse ; de plus, les Rubriques sont traditions et il est normal qu’elles disparaissent.

(…) sans répétitions (…) c’est beaucoup plus court : voilà le grand moyen de succès !

(…) On veut un Bréviaire court. On l’aura. Et on trouvera des jansénistes pour le rédiger. (37)

Les trois principes seront l’honneur public des réformes de 1955 et 1960 : les longues Preces disparaissent, les mémoires, les suffrages, les Pater, Ave, Credo, les Antiennes à la Sainte Vierge, le Symbole de saint Athanase, deux-tiers des Matines et on pourrait allonger la liste.

L’œcuménisme dans la réforme de Jean XXIII

Les jansénistes n’avaient pas pensé à cela.

La réforme de 1960 supprime les oraisons du Vendredi Saint, l’adjectif latin perfidis (sans foi) qualifiant les juifs et le substantif perfidiam (impiété) qualifiée de juive.

C’est la porte ouverte aux visites actuelles dans les synagogues.

Au numéro 181 de la Rubrique de 1960, on peut lire :

la Messe contre les païens s’intitule désormais : pour la défense de l’Église. Celle pour supprimer le schisme : pour l’unité de l’Église.(N.d.R.: toujours la même hérésie qui nie que l’Église est une.)

Ces changements révèlent le libéralisme, pacifisme et faux œcuménisme de celui qui les a conçus.

Max Thurian et le Prieur de Taizé Roger Schutz s’entretiennent avec Jean XXIII et le Cardinal Bea, durant les travaux de la première session du Concile. 1962
Max Thurian et le Prieur de Taizé Roger Schutz s’entretiennent avec Jean XXIII et le Cardinal Bea, durant les travaux de la première session du Concile. 1962

Un dernier point, mais parmi les plus graves. Dans le Bref examen critique contre la nouvelle messe présenté par les cardinaux Ottaviani et Bacci, il est déclaré justement que

la suppression, quand le prêtre célèbre sans servant (N.d.R.: c’est-à-dire seul) de toutes les salutations (N.d.R.: c’est-à-dire Dominus vobiscum, etc.) et de la bénédiction finale est un clair attentat au dogme de la Communion des saints (38).

En effet, même s’il est seul, le prêtre, quand il célèbre la Messe ou récite le Bréviaire, prie au nom de toute l’Église et avec toute l’Église.

Vérité niée par Luther.

Or, cet attentat au dogme était déjà accompli par le Bréviaire de Jean XXIII qui impose au prêtre qui le récite de ne plus dire Dominus vobiscum (le Seigneur soit avec vous) mais Domine exaudi orationem meam (Seigneur, exaucez ma prière), pensant, avec «une profession de pure foi rationaliste» (39), que le Bréviaire n’est plus la prière publique de l’Église mais une lecture privée.

Conclusion nécessaire

La théorie ne sert à rien, si on ne l’applique pas.

Cet article ne peut se conclure sans une chaude invitation, avant tout aux prêtres, à retourner à la liturgie “canonisée” par le concile de Trente et aux Rubriques promulguées par saint Pie X.

Mgr Gamber a écrit :

Beaucoup d’innovations promulguées en matière liturgique durant ces derniers 25 ans - à commencer par le décret sur la rénovation de la liturgie de la Semaine Sainte du 9 février 1951 (encore sous Pie XII) et par le nouveau Code de Rubrique du 25 juillet 1960 (désormais de nouveau dépassé) jusqu’à la réforme, par de continuelles petites réformes de l’Ordo Missæ du 3 avril 1969 - se sont démontrées inutiles et nuisibles à la vie spirituelle. (40)

Malheureusement, dans le camp “traditionaliste” règne la confusion : les uns s’arrêtent à 1955, les autres à 1965 ou 1967.

La Fraternité saint Pie X, après avoir adopté la réforme de 1965 est retournée à celle de 1960, de Jean XXIII (à présent accordée par l’indult de 1984) tout en se permettant d’y introduire des usages antérieurs et postérieurs !

Dans les districts d’Allemagne, d’Angleterre ou des États-Unis, où l’on récitait le Bréviaire de saint Pie X, a été imposé celui de Jean XXIII, et cela non seulement pour des motifs légalistes mais de principe tandis que la récitation privée du Bréviaire de saint Pie X est tolérée à contre-cœur.

Nous illusionnons-nous en espérant que cela, ou d’autres études, aident à faire comprendre que la réforme est une malgré beaucoup d’étapes, et qu’il faut toute la refuser si on ne veut (absit) toute l’accepter ?

Seulement avec l’aide de Dieu et des idées claires, on pourra obtenir une restauration qui ne dure pas un été de la saint Martin.

Verrua, novembre 1989

Appendice

L’article que vous venez de lire fut publié dans le numéro 11 de l’édition italienne de Sodalitium (juin 1986).

La revue américaine The Roman Catholic en fit une traduction en anglais dans les numéros 2, 3 et 4 de 1987 (41).

M. l’abbé Murro m’a demandé, pour cette traduction française, un appendice sur une question que je n’avais pas abordée : pourquoi ne pas se conformer aux réformes de Jean XXIII (et à plus forte raison, de Pie XII) s’ils étaient de véritables Papes.

L’objection n’est pas de peu d’importance et je ne veux pas l’éluder : c’est le but de cette note supplémentaire.

Tous les catholiques fidèles (les “traditionalistes”) rejettent les réformes de Paul VI qui datent de 1969 : la nouvelle “messe” et la réforme du rite des sacrements.Mais leur comportement est divisé lorsqu’il s’agit des réformes qui ont précédé le grand bouleversement : qu’il s’agisse des réformes qui ont eu lieu sous Pie XII, sous Jean XXIII ou sous Paul VI avant 1969.

Pour nous il y a, tout d’abord, une certitude : Paul VI, nous l’avons vu (Sodalitium n°13, Cahiers de Cassiciacum n°1) n’était certainement plus Pape (formaliter) à partir du 7 décembre 1965 : toutes les réformes qui suivent cette date, par conséquent, ne viennent pas de l’Autorité, ne viennent pas de l’Église, n’existent pas dans l’Église. Il n’y a donc pas à obéir.

Cette certitude n’existe pas pour Pie XII, pour Jean XXIII, et Paul VI avant 1965, bien que la position de ces trois pontifes soit bien différente.

Pie XII était Pape. C’est une évidence, personne ne le conteste. C’est un “fait dogmatique”. Il a été, de 1939 à 1958, l’Autorité.

Jean XXIII était douteusement Pape. La preuve qu’il ne fut pas Pape n’a pas été établie.

Toutefois je pense que le doute sur sa légitimité n’est pas téméraire pour l’historien et le fidèle catholiques.

Que l’on relise ce que je viens de dire dans mon article ou ce que nous dévoile son biographe, Peter Hebblethwaite (42).

C’est Jean XXIII, par exemple qui a ouvert les portes à l’œcuménisme par l’institution du Secrétariat pour l’unité des chrétiens.

Paul VI enfin, n’a probablement jamais été formellement Pape bien que la preuve certaine de son manque d’autorité ne vaut qu’à partir de 1965.

Un argument ad hominem

Ceux qui nous objectent qu’on ne peut pas suivre les Rubriques de saint Pie X affirment que nous devons obéir aux lois liturgiques des Papes Pie XII et Jean XXIII.

On pourrait leur répondre par un argument ad hominem : qu’ils commencent eux-mêmes par suivre celles de Paul VI :

  • celles d’avant décembre 1965, pour ceux qui, comme nous, affirment que Paul VI n’était plus l’Autorité après cette date ;
  • la nouvelle “messe” et les autres réformes pour les lefebvristes qui étaient una cum papa nostro Paulo autrefois, comme ils sont una cum papa nostro Joanne Paulo aujourd’hui.

Après quoi nous serions en devoir d’expliquer pourquoi nous suivrons les Rubriques de saint Pie X.

Mais je ne me bornerai pas à faire cette invitation, sérieuse, à la cohérence avec ses principes…

Voici, donc, d’autres arguments.

La réponse de Forts dans la Foi

Voici les arguments avancés par la revue Forts dans la Foi (dans le Calendrier traditionnel, de l’Église catholique années 1980 et 1981) pour rejeter les réformes de Jean XXIII.

Forts dans la Foi n48Nous tenons compte en outre des divers offices nouveaux introduits par Benoît XV, Pie XI et Pie XII comme suite à de nouvelles canonisations, et aussi des quelques réformes de Pie XII (Semaine Sainte, saint Joseph artisan, Marie Reine), dont on peut discuter l’esprit mais non pas, nous semble-t-il, la force obligatoire qu’entendait leur donner ce Pape.

Cependant, nous n’adoptons pas les réformes que Pie XII a voulues facultatives ou n’a pas promulguées (nouvelle version du Psautier, simplifications de 1955).

La règle que nous suivons, en ces matières où règne une certaine confusion et où l’on est guetté par un certain risque d’arbitraire, a l’avantage de la clarté : nous nous en tenons au calendrier liturgique et aux livres liturgiques antérieurs à la mort du Pape Pie XII.

L’on sait que les démolisseurs de la liturgie, qui avaient gardé de la retenue sous le Pape de Mediator Dei, eurent le champ libre sous celui de l’aggiornamento.

Par sa réforme de 1960 (livres liturgiques de 1961), Jean XXIII donna le signal des grands changements en refondant tout le code des Rubriques selon les principes chers à tous les novateurs et depuis longtemps dénoncés par Dom Guéranger comme hérésie antiliturgique (simplifications outrancières, suppressions très regrettables, suspicion jetée sur le sanctoral au profit du temporal, etc.).

Sa réforme se voulait préparatoire de la réforme conciliaire. Elle n’eut de fait qu’une durée très éphémère (1961 à 1964, date des premières applications de la constitution de Vatican II sur la liturgie).

Sans condamner ceux qui veulent suivre les réformes de Jean XXIII, nous préférons donc ne pas en tenir compte.

Juridiquement cette réforme éphémère et de caractère expressément préconciliaire est douteuse et ne saurait obliger (43) ; par ailleurs, l’absence de recours possibles à l’autorité liturgique, à l’autorité du Pape, dans cette situation confuse et imprévisible, nous fait un devoir de trancher selon l’esprit de la législation liturgique et donc en faveur de la liturgie la plus sûre, la plus catholique et la plus traditionnelle, pour la plus grande gloire de Dieu et l’édification des âmes.

Après avoir rappelé que le canon invoqué (44) affirme que les lois ecclésiastiques in dubio iuris non urgent (n’obligent pas si leur existence juridique est douteuse), je pourrais me contenter de cette vieille explication pour réciter paisiblement mon Bréviaire “de saint Pie X”.

Mais je veux aller plus avant, avec l’argument le plus profond, qui peut justifier même le recours à la Semaine Sainte d’avant Pie XII, argument qui était celui de Mgr Guérard des Lauriers (fidèle, lui aussi, à la liturgie de saint Pie X).

L’Église est en état de privation

Tout d’abord, il faut rappeler que nous nous trouvons tous à vivre une période exceptionnelle pour l’Église.

Mgr Guérard des Lauriers - 1898-1988
Mgr Guérard des Lauriers – 1898-1988
Elle se trouve en état de “privation”.

De quoi donc est-elle privée, l’Église? De la suprême Autorité.

C’est un événement unique dans l’histoire de l’Église.

Il y a eu, il est vrai, des périodes plus ou moins longues de vacance du Siège apostolique. Mais la situation actuelle diffère de celles-là non seulement parce que le Siège est encore matériellement occupé, mais aussi parce que toutes les autorités ecclésiastiques qui subsistent pendant une vacance normale du Siège (à la mort du Pape), étant una cum Montini, Luciani et Wojtyla, ont perdu du même coup, formaliter, leur autorité.

On ne peut donc appliquer à notre situation toutes les règles qui régissent l’Église pendant la vacance du Siège, et encore moins celles qui la régissent quand il y a un Pape sur le trône de Pierre.

Les lois ecclésiastiques dans l’Église aujourd’hui

Les décisions de Pie XII et de Jean XXIII en matière liturgique sont des lois liturgiques.

Les lois liturgiques, bien que le Code de droit canon ne s’occupe pas d’elles (45) sont des lois ecclésiastiques.

Nul doute que les lois de droit divin ou de droit naturel subsistent entièrement même aujourd’hui, car l’Autorité qui les a promulguées, Dieu, ne peut jamais défaillir ou être absent.

<>Quelle est alors la situation des lois ecclésiastiques, qui ont été promulguées par le Pape et dépendent de son Autorité, dans l’Église qui, justement, se trouve en état de privation de cette même autorité ?

La vérité se trouve entre deux erreurs opposées.

Il ne faut pas croire que, puisque le Siège est vacant (formaliter) il n’y a plus à obéir aux lois ecclésiastiques.

Mais il ne faut pas croire non plus qu’il faut obéir comme avant, c’est-à-dire que ces mêmes lois gardent, comme sous l’Autorité du Saint Siège, leur valeur coercitive.

Cette position simpliste (le Pape n’est plus là, les Congrégations romaines ne sont plus là, mais le droit canon oblige toujours, tout comme avant) se révèle évidemment fausse dès qu’elle est appliquée à la réalité d’aujourd’hui. Car elle conduit à de véritables impasses, à des situations paradoxales.

Le Code fulmine, par exemple, une excommunication latæ sententiæ (par le fait même que le délit a été commis). Selon ces gens simplistes la punition s’applique encore aujourd’hui : le violateur de telle loi est donc excommunié. Mais cette censure est médicinale, et a pour but de guérir l’âme de celui qui en a été frappé. Qu’arrive-t-il quand notre “excommunié” se repent de son délit ?

En temps normal c’est l’Autorité qui a voulu la punition, qui a le droit de l’enlever. Il suffit de recourir à elle. Mais, justement, cette Autorité n’existe pas, aujourd’hui, en acte ! Qui donc pourra enlever cette censure ? Personne ! Voilà une impasse, un paradoxe… : même quand on est guérit on ne peut pas se passer du (terrible) médicament.

L’impasse en réalité n’existe pas, parce que la censure est comme en suspens et n’est pas appliquée, étant donné l’absence de l’Autorité : soutenir le contraire c’est penser que l’Église est supérieure à son chef, le Pape, et peut suppléer à son Autorité.

Voici ce qu’en dit Mgr Guérard des Lauriers :

Il faut, pour le bien comprendre, rappeler que, dans l’Église militante considérée en tant qu’elle est un collectif humain, toute loi purement ecclésiastique (les modalités concernant la vacance et la provision du Siège apostolique ressortissent à ce type de loi) (N.d.R.: ceci vaut aussi pour les lois liturgiques en question) même celle portant une sentence latæ sententiæ, n’a sa force exécutoire qu’en vertu de l’Autorité actuellement exercée.

Pour qu’il en fût autrement, pour qu’il puisse exister dans l’Église militante des lois purement ecclésiastiques ayant force exécutoire indépendamment de l’Autorité, il faudrait qu’au moins pour ces lois, l’Autorité reçût son propre mandat de l’Église militante en tant que celle-ci est un collectif humain.

Or cette doctrine est explicitement condamnée par Vatican I comme étant erronée (DS 3054). Toute loi purement ecclésiastique est donc, radicalement, une loi humaine, n’ayant de force exécutoire que de par l’Autorité : laquelle, par essence, est monarchique.

Il s’ensuit que toute loi purement ecclésiastique peut être soumise, et est actuellement soumise aux vicissitudes mêmes des lois humaines.

D’une part, l’Autorité qui donne force à la loi peut faire défaut ; et c’est ce qui arrive, de par la vacance formelle du Siège apostolique.

D’autre part, il se peut que, per accidens, appliquer la lettre de la loi nuise, au lieu de le réaliser, au but visé par la loi. C’est bien ce qui se produit actuellement. (46)

Ce que Mgr Guérard des Lauriers affirmait ici à propos de la loi ecclésiastique qui prescrit le mandat romain pour toute consécration d’évêque, vaut aussi pour les lois ecclésiastiques en question.

Il faut donc affirmer :

  1. Les lois purement ecclésiastiques n’ont plus aujourd’hui leur force exécutoire, car elles ne peuvent pas exister avec leur force exécutoire indépendamment de l’Autorité, laquelle n’est pas actuellement exercée au temps de Mgr Wojtyla.
  2. Les lois purement ecclésiastiques gardent aujourd’hui leur pouvoir directif : elles indiquent la volonté de l’Église. Il faut s’y conformer en conscience.
  3. Si aujourd’hui appliquer la lettre de la loi nuit au but visé par cette même loi et par l’Église,
    alors, c’est vertu, c’est la vertu d’épikie, de ne pas tenir compte de la lettre de la loi, dans la stricte et seule mesure où cela est nécessaire pour continuer d’assurer la fin qui est visée par la loi.
     
    Les actes qui sont posés, par nécessité, contre la lettre de la loi, en vue d’assurer le but visé par la loi, de tels actes sont dit licites, bien qu’ils soient illégaux. Cette doctrine a toujours été admise dans l’Église. (47)

Application des principes

La simplification des Rubriques par Pie XII était facultative. Le problème de l’obéissance ne se pose pas.

La réforme de la Semaine Sainte est une loi liturgique de l’Église. Elle obligeait sous Pie XII.

La réforme des Rubriques de Jean XXIII est (douteusement) une loi liturgique de l’Église. Elle obligeait (douteusement) sous Jean XXIII.

Pie XII et Jean XXIII ne sont plus les Papes vivants. Mais leurs lois demeurent aujourd’hui quant à leur force directive, non pas quant à leur force exécutoire.Nous devons les suivre en conscience à moins que leur application aujourd’hui nuise objectivement au bien de l’Église et au but visé par le législateur. Alors la vertu d’épikie nous autorise à ne pas en tenir compte, puisque, dans le doute, nous ne pouvons pas recourir à l’Autorité qui fait défaut.

L’application des réformes liturgiques en question est-elle nuisible (Je préviens une objection. Tout le monde sait, sauf à Ecône, qu’une liturgie approuvée par l’Église ne peut pas être nuisible (48). Il s’ensuit que la réforme de Pie XII, et peut-être celle de Jean XXIII, ne peuvent pas de soi être nuisibles. Toutefois ces réformes pouvaient bien être inopportunes. Un prêtre, en 1956 et peut-être en 1961 devait donc obéir mais pouvait licitement souhaiter une réforme de ces réformes : une contre-réforme !) aujourd’hui ? Je pense que oui, et je crois l’avoir prouvé dans mon article.

La réforme liturgique est une.

Ce n’est pas un hasard si “Mgr” Bugnini (le père de la nouvelle “messe”) a écrit un livre au titre révélateur La réforme liturgique (1948-1975) - je souligne : 1948 -.

Ce sont les mêmes hommes qui ont travaillé, de 1948 à 1975, à la démolition de la liturgie catholique.

Sous Pie XII, l’Autorité garantissait l’orthodoxie ; l’intention hétérodoxe de ceux qui l’entouraient (rappelons-nous que le confesseur de Pie XII était le père Bea, la figure de proue de l’œcuménisme conciliaire) était comme contrariée par l’existence d’un Pape divinement assisté.

Cela n’est plus aujourd’hui.

Si la réforme, en 1956 ou 1961, n’était pas théologiquement nuisible, elle l’est, à mon avis, en 1990.

Il faut recourir au plus sûr, et ne pas faire passer dans la vie liturgique de nos fidèles, dépourvus du secours d’une Autorité assistée par Dieu, une liturgie qui, dans l’esprit de ses auteurs réels, avait comme but la transformation graduelle du culte catholique en culte protestant.

Dans son décret pour la réforme de la Semaine Sainte, Pie XII ne parle que du changement d’horaire. Il ne semble pas qu’on aille contre son intention si l’on ne tient pas compte, aujourd’hui, dans la situation actuelle, des autres changements voulus par Bugnini et Cie.

Dans son décret sur les réformes des Rubriques, Jean XXIII formule l’intention de faire une liturgie provisoire, en attendant «la réforme générale de la liturgie» par le concile Vatican II.

Il me semble exagéré de prétendre éterniser la valeur légale de ces Rubriques que Jean XXIII lui-même ne voulait pas maintenir plus de 3 ou 4 ans !

Et il me semble encore que, puisque Jean XXIII lui-même relie sa réforme à la réforme conciliaire, on peut au moins se poser des questions.

Voilà ma position, qui est, en définitive, celle de Mgr Guérard des Lauriers et de l’Institut, en attendant la décision d’un futur véritable Pape.

D’autres pourront ne pas être d’accord, et ne pas utiliser la vertu d’épikie.

Ils en ont le droit : qu’ils avancent leurs objections, dans une recherche commune de la Vérité.

Mais qu’ils ne prétendent pas se substituer à l’Autorité et nous imposer des choix personnels que nous ne pouvons pas approuver.

Aujourd’hui, comme nous venons de le dire, les circonstances ont changé : d’une part, il n’y a plus d’Autorité, d’autre part la révolution liturgique a atteint son sommet.

Les réformes en question, qui de soi ne sont pas nuisibles, peuvent l’être, et le sont de fait accidentellement (per accidens). C’était d’ailleurs le but de ses véritables auteurs, Bea, Lercaro, Bugnini et Cie.

Il n’y a donc plus à obéir.


Notes :
  1. Institutions Liturgiques, Dom Guéranger. ↑ retourner en haut
  2. cf. Lévitique et Pie XII, Mediator Dei, 12. ↑ retourner en haut
  3. Hébreux, X, 1. ↑ retourner en haut
  4. La Reforma Liturgica (1948-1975), Bugnini, CLV Edizioni Liturgiche, 1983. ↑ retourner en haut
  5. La Réforme de la liturgie romaine, Histoire et Problématique, Mgr Klaus Gamber. ↑ retourner en haut
  6. Mgr Gamber, op. cit. ↑ retourner en haut
  7. Gamber, op. cit. ↑ retourner en haut
  8. Denz. 1436. ↑ retourner en haut
  9. Denz. 1531-1533. ↑ retourner en haut
  10. Gamber. ↑ retourner en haut
  11. Gambert. ↑ retourner en haut
  12. Montini Giovane, Fappani-Molinari, Ed. Marietti, 1980, pp. 282-292. ↑ retourner en haut
  13. cf. Le Mouvement Liturgique, Bonneterre, Ed. Fideliter, 1980, pp. 35-42. ↑ retourner en haut
  14. Intégrisme et catholicisme intégral, Poulat, Castermann, p. 330. ↑ retourner en haut
  15. Pie XII et la Crise liturgique en Allemagne durant la guerre, La Civiltà Cattolica, Robert Graham s.j.: 1985, p. 546. ↑ retourner en haut
  16. Le Mouvement Liturgique. Itinéraire, Jean Crété, janvier 1981, pp. 131-132. ↑ retourner en haut
  17. Lettre de Pie XII à Mgr Gröber, du 22 août 1943, cité par R. Graham op. cit. p. 549. ↑ retourner en haut
  18. op. cit. p. 22. ↑ retourner en haut
  19. pp. 105, 106, 111. ↑ retourner en haut
  20. Crété op. cit. p. 133. ↑ retourner en haut
  21. Const. Apost. Missale Romanum du 3 avril 1969. ↑ retourner en haut
  22. op. cit. p. 22. ↑ retourner en haut
  23. Un théologien en liberté. J. Duquesne interroge le père Chenu, Le Centurion, 1975, pp. 92-93. ↑ retourner en haut
  24. Décret Sacra Tridentina Synodus, 1905. ↑ retourner en haut
  25. Catholicisme, démocratie et socialisme, Poulat p. 246 et 346. Mgr. Duchesne et son temps, Maccarrone, 1975, p. 469-472. ↑ retourner en haut
  26. Lettre du 6 juin 1950, cf. Itinéraires, n° 247, novembre 1980, p. 152-153. ↑ retourner en haut
  27. Dom L. Beauduin, un homme d’Église, Bouyer, 1964, p. 180-181. ↑ retourner en haut
  28. Institutions Liturgiques. Extraits, Guéranger, Ed. de Chiré, p. 171. ↑ retourner en haut
  29. Dom Guéranger, op. cit., p. 107. ↑ retourner en haut
  30. Dom Guéranger, p. 163. ↑ retourner en haut
  31. op. cit. p. 163. ↑ retourner en haut
  32. op. cit. p. 163. ↑ retourner en haut
  33. Dom Guéranger, p. 171. ↑ retourner en haut
  34. Dom Guéranger, p. 170. ↑ retourner en haut
  35. Dom Guéranger p. 170, 171. ↑ retourner en haut
  36. p. 171. ↑ retourner en haut
  37. p. 162 et aussi 159. ↑ retourner en haut
  38. p. 18. ↑ retourner en haut
  39. Bref examen critique, p. 18. ↑ retourner en haut
  40. op. cit. p. 44-45. ↑ retourner en haut
  41. février, mars, avril. ↑ retourner en haut
  42. John XXIII, Pope of the Council, Geoffrey Chapman, Cosselltd. London. 1989.
    Voir la riche séries des articles Le Pape du Concile dans la revue Sodalitium ou sur ce site. ↑ retourner en haut
  43. C.J.C. Can 15 ↑ retourner en haut
  44. can.15 ↑ retourner en haut
  45. cf. Can 2. ↑ retourner en haut
  46. Sodalitium n°13, page 27. ↑ retourner en haut
  47. Sodalitium, Mgr Guérard, ibidem. ↑ retourner en haut
  48. Auctorem Fidei, Pie VI, D. 1502. ↑ retourner en haut
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