Le pape du concile – 7ème partie

Nonce à Paris (1944-1953) ; la religion.

(Extrait de la revue Sodalitium n. 28 de mai-juin 1992 pp. 12 sqq.)

Par M. l’Abbé Francesco Ricossa

Peter Hebblethwaite, l’auteur de “Jean XXIII. Le Pape du Concile”, se trouvait lui aussi en France, pendant les années 50, ces années décisives qui ont préparé Vatican II. Voici comment, jeune étudiant jésuite, il décrit l’atmosphère qui régnait alors au séminaire de Chantilly, et l’opinion que les séminaristes avaient du Nonce, Angelo Giuseppe Roncalli, également à Paris ces années là: «Nous autres jeunes étions assez rigoristes et ouvriéristes (…). Nous pensions au contraste entre la richesse de la nonciature et la pauvreté du curé de Creil qui avait peine à se nourrir et vivait dans un taudis. Tout ce qui venait du Saint-Siège – définition de l’Assomption, interdiction des prêtres-ouvriers, Humani Generis et les sanctions contre des théologiens (dont mes professeurs) qu’elle avait entraînées – montrait, à notre avis, que l’Eglise de France n’avait rien à attendre de Rome, si ce n’est des entraves. Aussi son représentant en France ne suscitait-il qu’indifférence, méfiance ou raillerie de la part de tous ceux que j’estimais. D’où l’article courageux de Robert Rouquette dans Etudes après la mort du pape Jean: “Le mystère Roncalli” (…). Il disait carrément qu’à Paris on n’avait rien soupçonné des qualités de ce Roncalli, qualités dont il allait faire preuve comme Pape. Pour certains Français, l’élection de Roncalli fut une grande déception; on lui aurait évidemment préféré de loin Jean Baptiste Montini qui n’était pas cardinal à l’époque et ne pouvait donc être un candidat sérieux en 1958» (1).
Cette citation en dit long sur l’état d’esprit non seulement des séminaristes, mais également de leurs professeurs dans la France de cette époque.
Elle ne nous aide cependant pas à comprendre qui était réellement ce Mgr. Roncalli, Nonce du Pape dans un pays en révolte religieuse contre Rome. La haine envers le Saint-Siège aveuglait à ce point les progressistes français qu’ils ne voyaient en Roncalli rien d’autre que le représentant du Pape haï et craint qu’était Pie XII. Comme nous l’avons montré dans le numéro précédent, les francs-maçons, par contre, avaient reconnu leur homme en la personne du Nonce. Le montreur en sait plus long que ses marionnettes…
Avec l’esprit d’escalier, cherchons à découvrir en Roncalli ce mystère (d’iniquité) voilé aux yeux des jésuites de Chantilly.

Les vieux amis

Si, aux yeux des Français, la charge pontificale de Roncalli le mettait dans le camp de l’ennemi et en masquait la véritable personnalité, pour un vieil ami il en allait tout autrement. Nous faisons allusion à cet ami de longue date, le moine œcuméniste Dom Lambert Beauduin, dont nous avons déjà beaucoup parlé (2). Ils se connaissaient depuis longtemps, depuis la lointaine année 1924! Avec une certaine malice le vieux Dom Beauduin ira jusqu’à se vanter de connaître, lui, le “mystère Roncalli”. A la mort de Pie XII, en 1958, il confiera: “S’ils élisaient Roncalli, tout serait sauvé; il serait capable de convoquer un Concile et de consacrer l’œcuménisme”.
Après un silence, le moine belge poursuivait: “J’ai confiance, nous avons notre chance; les Cardinaux, pour la plupart ne savent pas ce qu’ils ont à faire. Ils sont capables de voter pour lui” (3). Si pour certains, des Cardinaux même, le modernisme de Jean XXIII fut une surprise, il n’en était pas ainsi pour qui le connaissait bien comme Beauduin.
Le fait d’avoir fait carrière, tandis que lui Beauduin était tombé en disgrâce, n’avait pas changé Roncalli. Cela ne faisait aucun doute.
Beaudouin s’en rendit bien compte lorsqu’il lui rendit visite à Paris.
Le Père Bouyer écrit: «Quand Mgr Roncalli avait été bombardé Nonce à Paris, d’une façon passablement inattendue, (Dom Beauduin) était allé lui rendre visite, non sans se demander si Joseph (Roncalli), l’anneau au doigt et sa robe purpurine sur le dos, pourrait encore reconnaître son frère humilié. Il ne resta pas longtemps sur ce doute A peine sa carte était-elle passée qu’il entendit de l’antichambre la voix bien connue: “Lamberto! …Venga! Venga!” Un instant plus tard, il expérimentait une de ces chaleureuses embrassades qui deviendraient célèbres. Et avant de savoir ce qui lui arrivait il entendait le Nonce lui dire: “Tiens! Assieds-toi là et raconte-nous tes aventures”. Poussé amicalement, il gravissait à reculons un degré et se trouvait installé sur le siège particulièrement auguste. Son interlocuteur ayant pris place sur une chaise en face de lui, et riant à perdre haleine, il (Dom Beauduin) commençait donc le récit de ses tribulations romaines… en réalisant peu à peu qu’il le faisait du haut du trône papal qui décore obligatoirement la demeure de tous les légats… Ils n’imaginaient pas alors ce que cette situation bouffonne pourrait prendre, après coup, de symbolique» (3).
En effet, durant le concile, ce même Jean XXIII descendra du trône papal pour y faire monter tous ces théologiens condamnés par son prédécesseur. Le trône papal occupé par une personne désapprouvée par les Papes (en l’occurence par Pie XI): Voilà qui est vraiment symbolique de nos jours, il faut le reconnaître!

Requiem pour un vieil ami

Mais si l’oecuméniste Dom Beauduin était un vieil ami, que dire du chef, défroqué et excommunié, des modernistes, Ernesto Buonaiuti l’ancien compagnon de séminaire qui l’avait assisté à sa première messe (4): un très vieil ami. Au cours d’une première maladie le Card. Gasparri avait donné à Buonaiuti une absolution hâtive, sans aucune rétractation préalable du malade, provoquant la juste indignation du Saint-Office. Mais le 26 avril 1946, alors que Roncalli est à Paris, Buonaiuti meurt en Italie sans sacrements ni repentir. Quelles furent les réactions de son ami le Cardinal? Il relève la minute précise du décès, le désir qu’aurait exprimé le mourant de faire ouvrir les fenêtres pour écouter le son des cloches de Pâques; puis il commente, avec des mots “compatissants, affectueux même”: «Il est donc mort à soixante-cinq ans; sine luce et sine cruce. Ses admirateurs ont écrit de lui qu’il a été un esprit profondément et intensément religieux, attaché au christianisme par toutes les fibres de son être, lié par des liens infrangibles à l’Eglise catholique qu’il aime. Naturellement il n’y a pas eu de prêtre pour bénir son corps; et aucune église ne l’a accueilli pour ses funérailles. Il a écrit dans son testament spirituel, entre le 18 et le 19 mars 1946: “J’ai commis des erreurs. Mais je ne puis rien trouver dans la substance de mon enseignement qu’il me faille rétracter ou désavouer”. Dominus parcat illi» (5).
Et Hebblethwaite commente: «Jean a toujours donné à Buonaiuti son titre sacerdotal: il reste Don Ernesto. Des historiens catholiques réécrivent déjà l’histoire du modernisme et il est déjà possible de présenter Buonaiuti comme un “prophète du renouveau” (voir Bedeschi Lorenzo, Buonaiuti, Il Concordato e la Chiesa, 1970). Jean aurait bien accueilli cette façon de voir. Ses derniers mots sur Buonaiuti sont une absolution». Certes, pas une condamnation.

Le progressisme catholique, modernisme rebattu

Si Buonaiuti est mort, le modernisme ne l’est pas pour autant. Saint Pie X l’avait condamné avec l’Encyclique Pascendi; il avait tenté d’en débusquer les fauteurs qui cachaient hypocritement leur adhésion à l’hérésie. Car le modernisme est une hérésie qui veut ronger l’Eglise de l’intérieur.
La mort de Saint Pie X (1914) et la première guerre mondiale avaient détourné l’attention d’un ennemi qui fut considéré un peu rapidement comme mort et enterré. En fait, entre les deux guerres, le modernisme et ses fauteurs plus ou moins conscients, relèvent prudemment la tête.
L’objectif reste le même: “moderniser l’Eglise, la mettre à jour, l’adapter au progrès et à la civilisation moderne” (80ème proposition condamnée par le Syllabus de Pie IX. Denz. S. 2980).
Ne pouvant se présenter ouvertement comme tels, les modernistes mirent au second plan les questions dogmatiques, et tentèrent de faire passer leurs idées au moyen de la pastorale. L’homme moderne est loin de l’Eglise. Il faut sauver les âmes. Pour les sauver, il faut donc convertir l’Eglise au monde moderne.
Divers “mouvements” sont ainsi créés et s’infiltrent (dans l’Eglise): le mouvement liturgique, le mouvement biblique, le mouvement œcuménique… Dans le domaine social l’avancée progressive du marxisme, victorieux entre les deux guerres mondiales, crée un climat propice à la naissance du mouvement des prêtres-ouvriers. Les animateurs de ces mouvements suivent une tactique prudente pour changer l’Eglise.
Ils demandent de petites réformes pastorales “pour le bien des fidèles”. D’autres réformes suivront évidemment et ainsi de suite… Ils ne le demandent pas directement. Ils font appel aux épiscopats les plus progressistes pour faire le siège de Rome, pour la harceler de demandes, lui arracher des concessions.
Le désordre causé par la guerre, par toute guerre et par la seconde guerre mondiale en particulier, favorisait leurs plans. Après, rien ne serait plus comme avant.
L’aide désirée pour la réalisation progressive de leurs rêves, les progressistes la trouvèrent dans l’épiscopat français, et plus spécialement en la personne du Cardinal Emmanuel Célestin Suhard.

Le Cardinal Suhard

Il figurait sur la liste des évêques à éliminer; et pourtant il sera le chef de file du progressisme épiscopal. Transféré du siège épiscopal de Lisieux au siège archiépiscopal de Paris, le Cardinal, sans être “Primat des Gaules”, gouverne toutefois le diocèse le plus important de France. Dans la même capitale, en ces années-là, réside le nonce Roncalli. Dans le domaine liturgique, Suhard est le porte parole du C.P.L. (Commission de pastorale liturgique) qui demande la messe vespérale, l’usage de la langue vernaculaire dans l’administration des Sacrements, la réforme de la loi du jeûne eucharistique. Pour le moment… (6).
Dans le domaine exégétique, le Cardinal Suhard sollicite ce que les historiens ont appelé la “suppression de l’opposition à la méthode historique dans la science biblique” (7); il obtiendra la réponse de la Commission biblique le 16 janvier 1948 (Denz. S. 3862-3864). Son intention est d’abattre les obstacles posés par les décrets de la Commission Biblique durant la période antimoderniste (1905-1909; Denz. S. 3373, 3394 ss., 3512 ss.).
Dans le domaine social, c’est le Cardinal Suhard en personne qui a approuvé, protégé et patronné le mouvement des prêtres-ouvriers dont nous parlerons avec plus de détails un peu plus loin.
Alors que, dans cette “nouvelle théologie” qui fait justement fureur à Lyon et à Paris, Pie XII voit la renaissance du modernisme, le Cardinal Suhard écrit une lettre pastorale (“Essor ou déclin de l’Eglise”) pour dénoncer le péril… de l’intégrisme! Ce mouvement pour la défense de l’intégrité de la Foi promu, béni, protégé et financé par Saint Pie X, objet de l’éloge des évêques de Côme (Archi) et d’Arezzo (Volpi) dans leurs lettres pastorales, mouvement haï par les modernistes de toutes origines et désormais dissout avec la mort du saint Pape… ce mouvement est mis par le Card. Suhard sur le même plan que le modernisme, “réunion de toutes les hérésies”, pour être ensuite dénoncé comme le danger principal de notre époque!
Evidemment la lettre ne plut pas à Pie XII (8): c’était “le manifeste de la nouvelle Eglise qui émerge”… (9).
La dernière lettre pastorale de Suhard, “Le prêtre dans la cité”, publiée un mois avant sa mort survenue le 30 mai 1949, est en quelque sorte “son testament”: “c’est un véritable travail de renoncement intellectuel, qu’appelle la christianisation de ce monde nouveau. Il nous faudra longtemps, peut-être, pour nous déshabituer, de certaines méthodes de “chrétienté médiévale” (10). Courage, cher Cardinal, c’est maintenant chose faite. Vous étiez vraiment un prophète de la “nouvelle Eglise qui émerge”.

Roncalli et Suhard

Après tout ce qui a été dit sur Suhard, c’est à bon droit qu’Hebblethwaite considère comme important d’étudier les rapports entre lui et Roncalli.
Hebblethwaite donne deux versions: celle de Mgr. Capovilla, futur secrétaire de Roncalli à Venise et au Vatican, et celle du journaliste jésuite Robert Rouquette.
Pour le premier, “les relations entre le cardinal Suhard et le représentant du Pape ont toujours été cordiales et aimantes”. Pour Rouquette “le Cardinal Suhard le craignait: il sortait sombre et inquiet de ses entretiens avec le Nonce” (11). A nous, Mgr Capovilla parait plus fiable que le Père Rouquette. Mais, en admettant même que le jésuite ait eu raison, cette crainte serait à attribuer au “complexe anti-romain” de Suhard: Roncalli, bon gré mal gré, représentait Rome et c’est à lui que revenait d’annoncer au prélat parisien ce qu’Hebblethwaite appelle les “mauvaises nouvelles” (11), autrement dit les réprimandes papales. Quoiqu’il en soit, lorsqu’en 1949 Suhard meurt, Roncalli n’en hérite pas seulement un rochet; “Qu’a-t-il hérité d’autre?” se demande Hebblethwaite, et il répond: on peut dire que Suhard résume en sa personne l’état d’esprit du catholicisme français à cette époque. Il est ouvert au monde moderne, prêt à se laisser interpeller par lui. Il croit en la nécessité d’un dialogue entre les communistes et les autres hommes de bonne volonté. Il sait que ce dialogue ne pourra pas s’entamer à coups d’anathèmes. Il veut un renouveau de l’Eglise à tous les niveaux, un laïcat revivifié, actif, et un sacerdoce adapté à la vie industrielle moderne. Tous ces facteurs influenceront Roncalli… Mais on retrouvera maintes institutions de Suhard dans le pontificat du pape Jean” (12).
De cette symbiose Roncalli-Suhard, Roncalli lui-même se porte garant et témoigne: “Presque cinq ans de contacts spirituels ont scellé une fraternité de sentiments qu’aucune ombre, pas même la plus légère, ne vint jamais troubler. Je le comprenais et il me comprenait” (lettre à Mgr Pierre Brot, évêque auxiliaire du cardinal Suhard) (10).

Les prêtres-ouvriers

Cette totale syntonie de sentiments reconnue par Roncalli lui-même, n’est pas exclue de ce qui fut l’œuvre principale du Cardinal: le mouvement des prêtres-ouvriers.
Mgr Suhard, Evêque de Bayeux (1928) constate que dans les grandes usines de Caen “le Christ est inconnu” (13). Lorsqu’en 1948, il vient fêter à Paris son 50ème anniversaire de sacerdoce, son impression est la même en ce qui concerne la capitale: “Quand je parcours les banlieues aux usines mortes, ou les rues illuminées du centre, quand je vois cette foule, tour à tour raffinée et misérable, mon coeur se serre jusqu’à la douleur” (14). Sans doute, depuis la Révolution, la France (et le reste du monde) ne cesse de se déchristianiser. C’est un fait établi, il saute aux yeux: selon l’expression de Pie XII, le monde moderne est “hors du bercail du Christ” (Enc. Humani Generis). En 1929 déjà, Suhard en conclut que la France ainsi que les anciens pays catholiques sont “territoire de mission” (13). On perçoit là déjà une exagération, un rigorisme qui n’est pas étranger au progressisme; la France était encore, malgré tout, un pays de baptisés. Si on considère le phénomène de déchristianisation, non pas à travers les jugements de l’Eglise mais à travers ceux des sociologues alors en vogue, comme Le Bras (15), l’analyse devient d’autant plus périlleuse. Des ouvrages tels que ceux de l’Abbé Boulard (Problèmes missionnaires de la France rurale) ou de l’Abbé Godin (France, pays de mission?) suivent la même ligne sociologique (15). Pendant la guerre Henri Godin (classe 1906) et Yvan Daniel adressèrent au Card. Suhard un rapport pour exposer leurs thèses. Thèses tout à fait concordantes avec celles de Suhard lui-même.
La “déchristianisation” analysée d’un point de vue sociologique (de façon purement naturelle) et exagérée pour les besoins de la cause, devenait comme toujours entre leurs mains, un pic pour abattre des murs… entre l’Eglise et le Monde.
Von Balthasar voulait “abattre les bastions”; à Istambul, Roncalli vit l’Esprit faire tomber les barrières…(16).
Il ne faut donc pas s’étonner que l’Abbé Godin ait, lui aussi, décidé d’“abattre la barrière” (17) que l’éducation reçue au séminaire avait mise entre lui et les autres.
L’Eglise était devenue la maîtresse de la culture et de la respectabilité; et selon Godin, la culture élevait entre les hommes des barrières encore plus hautes que les diversités de conditions sociales” (17). Bref, une sorte de don Milani français.
Abattre les murs est aussi le passe-temps du Card. Suhard: le thème de ses méditations, dit-il en 1948, est toujours le même: “Il y a un mur qui sépare l’Eglise de la masse. Ce mur, il faut l’abattre à tout prix…” (14). La guerre offre une occasion propice pour se mettre à l’ouvrage. C’est le Père Loew (nom à ne pas oublier…), dominicain, qui donne l’exemple en 1941 en devenant docker à Marseille (15). Un an plus tard 25 prêtres nommés par Suhard sur le conseil du Père Jean-Marie Leblond, partent travailler en Allemagne dans le “Service de Travail Obligatoire” (STO). “Ce sont les premiers prêtres-ouvriers” (18). Ils ont une foi “amonica” car il leur faut improviser des liturgies dans les lieux les plus inappropriés”; “le latin et les rites antiques ne parlent pas aux ouvriers” (18) pensent-ils. Revenant des camps de prisonniers ou de la “résistance” ils ont le “complexe du rescapé” qui ne veut pas retrouver la normalité du service paroissial. Ne craignez rien. Mgr Suhard tient toutes prêtes pour eux et la “Mission de France” (1941) et la “Mission de Paris” (1943) où les prêtres, “pionniers d’avant-garde” (14) comme les définit Suhard lui-même, se sentent “suhardiens” (12). Mais si le Cardinal voulait “sauver les âmes de Paris” (14) l’effet n’est pas tel qu’il l’espérait.
Les prêtres-ouvriers, pour mieux convertir les communistes sans doute, se font arrêter par la police durant les manifestations du parti (19) et un de leurs représentants, l’abbé Boulier en fait de belles. A la “Conférence sur la paix” organisée à Varsovie par les communistes (notoirement pacifistes) de l’invincible Staline l’imprudent abbé prend la parole et dit: “Si l’on nous demandait à nous qui sommes engagés dans le combat pour la paix, qui est communiste parmi vous? nous répondrions: tous” (11). Nous sommes en novembre 1948!. “A Varsovie la salle croule sous les applaudissements. Le plafond faillit aussi s’écrouler sur Suhard à Paris” (11).

Roncalli au secours de Suhard

Revenons maintenant à notre sujet: l’attitude de Mgr Roncalli à l’égard du Card. Suhard, de ses méthodes pastorales, et plus spécialement du mouvement des prêtres-ouvriers.
Partons d’un cas significatif, celui justement de l’abbé Boulier.
“Rome – écrit Hebblethwaite – attend de Suhard qu’il fasse quelque chose” (11); le Cardinal est mis au pied du mur: ou désavouer, ou être considéré comme responsable…
«Le 5 février 1949, le Card. Suhard publie une déclaration solennelle dans laquelle il dénonce “la collaboration habituelle et étroite avec le communisme”» (11). Une collaboration à titre exceptionnelle est donc possible… or Pie XI a déclaré que “le communisme est intrinsèquement pervers et qu’aucune collaboration avec lui ne saurait être permise” [Enc. Divini Redemptoris, 1937]. Aussi, le 5 mars 1949, l’Osservatore Romano précise qu’ «il ne faut pas éviter seulement “la collaboration habituelle et étroite”. La plus grande vigilance est requise même dans les petites actions où il y a quelque risque d’erreur» (11).
C’est alors qu’entre en scène notre Roncalli: «(il) intervient si bien par l’intermédiaire de Montini, que l’Osservatore Romano du 31 mars 1949 publie un article faisant l’éloge de la Mission de Paris et du Cardinal Suhard “qui en assume toute la responsabilité”. Même s’il y a changement de sujet on peut y voir une sorte d’apologie. C’est en “plaçant” des articles dans l’Osservatore Romano que les membres de la Curie se livrent bataille entre eux» (20); Mgr. Ottaviani et le Saint-Office d’un côté, Mgr. Montini de l’autre (21): les deux partis (orthodoxe et hétérodoxe) qui s’affronteront au Concile sont dès lors en place
Où vont les sympathies de Mgr Roncalli? Cet épisode nous le révèle. “Il admirait la façon dont la hiérarchie française, en particulier les archevêques de Paris, avaient organisé progressivement les diverses activités catholiques” (22), écrit Bolton. Il approuve “l’expérience des prêtres-ouvriers” (23) écrit Wynn. “Selon Hatch, “il avait une grande sympathie pour les prêtres-ouvriers” (24).
A Rome on voyait les choses autrement: en 1951 il fut enjoint au Card. Suhard d’interrompre le recrutement (ils étaient déjà environ quatre-vingt-dix) et en 1953 le successeur de Roncalli, Marella, les fit rappeler à l’ordre par leurs supérieurs. Plus de quarante refusèrent. Entretemps, durant cette expérience d’une dizaine d’année, “nombreux furent ceux qui se laissèrent gagner à la théorie de la lutte de classes tandis que d’autres ne surent pas sauvegarder intacte leur vie sacerdotale et leur célibat” (15).

L’excommunication des communistes

Nous l’avons déjà dit, le Card. Suhard meurt le 30 mai 1949. Un mois plus tard, le 30 juin, Pie XII signe un décret du Saint-Office qui: “frappera la France de consternation et paraîtra désavouer toute la mission de Suhard” (25). L’excommunication vise les communistes athées, mais la condamnation papale s’étend aussi à qui favorise “en quelque manière” le parti communiste.
Que fait le Nonce? Mgr Roncalli disparait: «Il choisit ce moment pour faire une longue tournée en province, laissant à d’autres le soin d’interpréter le décret… Pie XII se plaindra plus tard de son absence de Paris en ces instants critiques. Il dira à Mgr. Marella, son successeur à la nonciature: “Surtout ne faîtes pas comme votre prédécesseur qui n’était jamais là”» (Max Bergerre, Quattro Papi e un giornalista, Paoline 1978 p. 70). Pendant cette absence diplomatique de Roncalli, les quatre cardinaux français expliquent patiemment ce que ne signifie pas le décret du Saint-Office: “… Il faut bien que l’on sache qu’il y a dans la notion même de capitalisme (…) un matérialisme rejeté par l’enseignement chrétien (…). Nous comprenons bien la souffrance qu’ont pu ressentir les travailleurs devant la condamnation du communisme. Nous savons qu’ils voyaient surtout, en lui, un parti agissant et résolu à supprimer les injustices sociales dont ils souffrent et à donner aux ouvriers leur place d’hommes libres, dans la profession comme dans la cité. Aussi sommes-nous très émus de leur peine et avons-nous à cœur de leur ôter la douloureuse impression que l’Eglise resterait insensible à leurs angoisses et à leurs aspirations” (25). Voilà qui revient à dire avec l’abbé Boulier: “Qui parmi nous sont communistes? Tous!”

Les successeurs de Suhard

“Mais il (Roncalli) ne néglige pas son travail pendant ses pérégrinations. Il ne quittera pas la France avant d’avoir trouvé un successeur au cardinal Suhard” (25). Il s’agit de Mgr. Feltin; nommé en août 1949, Feltin est “président de Pax Christi, le mouvement catholique de la paix” (25) alias instrument efficace du communisme. Hebblethwaite nous certifie qu’il inspirera à Jean XXIII la “Pacem in terris”.

La condamnation de la “nouvelle théologie”

Ainsi, tandis qu’à Paris on continue à pencher pour les nouveautés, à Rome, on continue à pencher pour la tradition. L’exhortation apostolique “Menti nostrae” sur la sanctification de la vie sacerdotale condamne chez de nombreux prêtres “une certaine avidité de nouveauté qui va se répandant d’une façon toujours plus grave et inquiétante” (26). A “Menti nostrae” fait suite l’Encyclique “Humani generis”; “visant certaines opinions erronées qui menacent de bouleverser les fondements de la doctrine catholique” (12.VIII.1950). Toutes ces opinions erronées nous les retrouverons dans Vatican II. Ce qui ne doit pas nous étonner puisque leurs adeptes seront appelés par Jean XXIII à participer en tant qu’“experts” au Concile même!
Les mêmes personnes, Danielou, De Lubac, Von Balthasar, les mêmes doctrines sont tour à tour condamnées par Pie XII, réhabilitées par Jean XXIII, exhaltées par Paul VI et Jean-Paul II (avec l’appui du Sacré-Collège).
Sans les nommer l’Encyclique condamne “Le Père De Lubac et sa bande” (c’est l’expression même de Von Balthasar: “Nous formions une bande”) (27).
Les jésuites De Lubac, Rondet, Bouillard, les dominicains Chenu et Congar, perdent leur poste. Derrière eux se profile l’ombre de Theilhard de Chardin. Leurs erreurs ont déjà fait l’objet d’un certain nombre d’articles dans ‘Sodalitium’; aussi éviterons-nous d’en parler ici (28). Revenons donc à Roncalli: comment réagit-il?

Un trou de six mois

Que fait Roncalli? Il est désormais expert: «le 21 août, 10 jours après la publication d’“Humani Generis”, il quitte Paris pour l’Italie d’où il ne reviendra qu’à la mi-octobre. De retour à Paris, il garde un silence inexplicable: il y a un trou de six mois dans ses mémoires, de juillet à décembre 1950» (29).
Pour combler ce trou, voici un témoignage significatif, celui du Père De Lubac: “le nouveau Pape (Jean XXIII)… avait été mécontent de ce qui s’était passé au temps d’Humani Generis” (30). La suite le confirmera. Par ailleurs, le concept de “signes du temps” que Jean XXIII fera sien, ne serait-il pas pris au Père Congar, un des théologiens condamnés? (31)
Mais, pour le moment, il “ne peut pas grand chose pour les théologiens censurés, sinon leur conseiller la patience, lever les bras au ciel et hausser les épaules” (32). Comme aux temps du modernisme l’important est de se cacher et d’attendre des temps meilleurs. Viendra le jour de la revanche.

Les dernières années (1951-1952)

« Pendant la dernière période de sa mission en France, en 1951-1952, estimant les catholiques français querelleurs et ergoteurs [il s’agit des “intégristes” évidemment! n.d.a.], Roncalli consacre plus de temps à ceux qui se situent “hors” de l’Eglise. N’ayant pas à se soucier des oukases de Rome, [c’est un moderniste qui écrit en la personne d’Hebblethwaite! n.d.a.] ils sont mieux placés pour apprécier ses qualités de cœur et sa compréhension. Le président Vincent Auriol, ministre des finances dans le gouvernement du Front Populaire [c’est-à-dire socio-communiste! n.d.a.] en 1936, le trouve sympathique » [évidemment! n.d.a.] (32).

Le départ

Entre-temps, le Patriarche de Venise Carlo Agostini, tombe malade, et l’on craint pour sa vie. Montini écrit alors à Roncalli, le 14 novembre 1952, pour lui demander s’il serait disposé à le remplacer, dans l’éventualité de sa mort imminente. Les nouvelles se succèdent; un autre télégramme de Montini annonce la décision de Pie XII de créer Roncalli Cardinal au Consistoire du 12 janvier 1953. Un cardinal ne reste pas à la nonciature: il ira donc à Venise ou à la Curie. Une autre nouvelle parvient ce jour-là à Roncalli: sa sœur Ancilla se meurt. Nous verrons par la suite quelle épreuve a représenté pour lui cet événement. Après une visite à sa sœur, il revient à Paris. Son élévation à la pourpre cardinalice est désormais officielle. A l’archevêque de Paris Mgr. Feltin, qui va devenir cardinal en même temps que lui, il exprime sa crainte d’être nommé à la Curie romaine. Il n’a jamais aimé la Curie romaine et il le montrera. Le Patriarche de Venise meurt sur ces entre-faites, le 28 décembre; Roncalli le remplacera. “Il échappe de justesse à la Curie” (33).

Un dîner, un secrétaire, une barrette

Notre Roncalli ne peut filer à l’anglaise, s’esquiver sans adieux officiels. Suivons-le toujours.
Proclamé Cardinal au Consistoire du 12 janvier, le Card. Roncalli aurait dû recevoir la Barrette cardinalice à Rome. Un ancien privilège attribuait aux Rois de France l’honneur de l’imposer au nonce élu Cardinal au nom du Pape. Les présidents de la république, rien moins que catholiques, “considéraient cette cérémonie comme une affaire de l’Eglise ne les concernant pas; ils s’en étaient donc abstenus” mis à part les cas des Cardinaux Maglioni et Cerretti (34).
Après la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, survenue sous le Pontificat de Saint Pie X, les temps n’étaient certes pas favorables à de semblables cérémonies. Mais nous l’avons déjà vu, Roncalli n’était pas un cardinal comme les autres! “Ce fut Vincent Auriol, le président en personne [socialiste athée] qui sollicita cette faveur. Mgr. Roncalli en fut enchanté” (34). L’imposition eut lieu le 15 janvier. A l’occasion des allocutions officielles Roncalli évoqua un épisode analogue: en 1893 le président Carnot avait assisté son très cher Mgr. Radini-Tedeschi (35). Pour sa part, Auriol en profita pour faire de la propagande en faveur de la république (maçonnique) française: “vos expériences passées – dit-il au néo cardinal – vous avaient permis d’apprécier l’action de la France dans le monde et vous avaient disposé, de longue date, à comprendre les grandes traditions de tolérance et de justice qui ont toujours été l’honneur de notre nation et qui devaient unir, après la solennelle exhortation de Léon XIII, toutes les familles spirituelles françaises autour de la République” (36). Embrassades, applaudissements, Légion d’Honneur… Auriol demeura l’ami de Roncalli; il lui rendit même visite plus tard à Venise, alors qu’aucune charge publique ne l’y obligeait plus (34). A la Nonciature arrivait le 3 février une délégation du diocèse de Venise, le Vicaire Capitulaire Mgr. Erminio Macacek en tête. Celui-ci “était accompagné d’un jeune prêtre; sec, pâle de visage, mais deux yeux intelligents, c’était don Loris Capovilla” (34). Le Père Tanzella que nous citons ici omet de mentionner une dernière caractéristique de don Loris: gauchisant. Roncalli le remarque et il en fera son secrétaire à Venise et au Vatican. Tous deux étaient faits pour s’entendre. Enfin le 5 février 1953, c’est le déjeûner d’adieux aux amis politiques. Roncalli invite le Président de l’Assemblée Nationale, Edouard Herriot (37); le Président de l’Union Nationale, Gaston Monnerville; le Président du Conseil, René Mayer, ainsi que ses prédécesseurs: Bidault, Covin, Pléven, Edgard Faure, André Marie, Robert Schuman, Pinay, Fourcade. “L’atmosphère y fut merveilleusement cordiale, détendue” (38). A la fin du repas, c’est Herriot en personne qui prit la parole, pour les dernières congratulations. «Le Paris-Presse commentait: “Le Cardinal Roncalli laisse derrière lui en France quantité d’amis et pas un seul ennemi”» (38). Pour ce qui est des ennemis, nous l’avons déjà dit, Roncalli a fait mieux que le Christ qui en avait beaucoup.

L’opinion d’un collègue

Il s’agit de Carl J. Burckhardt (39) dont voici le curriculum: professeur d’histoire à l’Université de Zurich et à celle de Genève, spécialiste de Voltaire et de Goethe, diplomate, commissaire de la Société des Nations en Pologne (1937), Président du Comité international de la Croix-Rouge (1944), ambassadeur helvétique à Paris (1945-1949). C’est là qu’il fit la connaissance du Nonce apostolique, Mgr. Angelo Roncalli, futur Jean XXIII. Lorsque son collègue diplomate fut élu au Pontificat Suprême en 1958, Burckhardt écrivit à son ami Max Rycher: «Je porte un grand intérêt au Pape. Tout au long de mon séjour à Paris, j’ai eu avec lui de nombreux contacts personnels, et je l’aimais vraiment beaucoup. Il circulait deci delà comme un jeune fonctionnaire d’ambassade, on le rencontrait partout, à commencer par le salon M.R.P. [ parti démocrate chrétien français, n.d.r.] de la surprenante madame Abrami (…). Il a une vaste expérience du monde, il aurait pû faire un excellent chef d’industrie, de la tête aux pieds il est ce paysan de Bergame, bien intentionné mais rusé. Sa dévotion est solide mais concise, selon son style. Il me semble cependant que son bon sens – précis à court terme, mais plutôt vague à long terme – l’empêche de reconnaître la valeur de certains mystères qui transcendent le temps et sont spécifiquement catholiques. L’aptitude à croire aux miracles, le respect du Sacré, ne sont pas son fait. C’est un déiste et un rationaliste, avec la meilleure tendance à se mettre au service de la justice sociale. Il y adjoint une facilité à tendre largement la main à tous ceux qui, quoique de camps totalement opposés, sont animés des mêmes forces (…). Il est bon, ouvert, plein d’humour, très éloigné du chrétien moyen-âgeux; après être passé par les “philosophes” français, il est parvenu aux mêmes conclusions que les Réformateurs, la passion métaphysique en moins. Il changera beaucoup de choses; après lui, l’Eglise ne sera plus la même» (40). Tel est celui qui part pour Venise. J’oubliais: comme l’autre ami et collègue de Mgr. Roncalli, le Baron Marsaudon, l’ambassadeur helvétique était lui aussi haut gradé de la Franc-Maçonnerie (39). Un beau trio, il n’y a pas à dire !

à suivre …


APPENDICE

Dans le précédent numéro j’ai parlé de l’étrange amitié entre Edouard Herriot et Mgr. Roncalli dont, aux dires d’Andreotti, Herriot faisait les “louanges” (Andreotti, A ogni morte di papa. Rizzoli 1982, pp. 67-68). Il est possible de trouver de plus amples informations dans deux œuvres de Léon de Poncins: “Les Forces Secrètes de la Révolution”, Bossard 1928 et “Christianisme et F.˙.M .˙.”, D.P.F. 1975. Léon de Poncins écrit: “Cette immixtion de la Franc-maçonnerie dans les choses du Parlement et sa domination sur le grand nombre des députés et des sénateurs s’est affirmée plus fortement que jamais lors du ministère Herriot, à la suite des élections de 1924” (Forces Secrètes, pp. 69).
«En 1924, les élections législatives amenèrent la victoire du Cartel des Gauches et Herriot prit le pouvoir. Voici ce que le Convent du Grand Orient de 1924 disait à son sujet: “Avant de commencer les travaux, voulez-vous me permettre d’envoyer le salut de la F .˙. M.˙. au grand citoyen Herriot qui, quoique n’étant pas F .˙. M.˙., traduit si bien dans la pratique notre pensée maçonnique”. Son gouvernement décréta une série de lois socialisantes, préfiguration des lois du front populaire de Léon Blum. Or, peu après, les éditions Spes publièrent sous la signature fictive d’A. G. Michel un livre qui montrait, preuves documentaires à l’appui, que la plupart des lois instaurées par le ministère Herriot avaient été préalablement élaborées dans les loges maçonniques» (Christianisme… p. 93).
Suit, dans les deux ouvrages cités, la liste des 14 lois du gouvernement Herriot, approuvées quelques mois seulement après que leur proposition ait été décidée dans les réunions maçonniques. Pour ne pas alourdir mon article j’en citerai seulement quelques unes: la décision de supprimer l’Ambassade du Vatican (Bulletin officiel de la Grande Loge de France, janvier 1923, p. 39; réalisation, le 24 octobre 1924), l’application des lois contre les congrégations religieuses, l’introduction du régime laïque en Alsace-Lorraine, le monopole de l’enseignement, la reprise des relations avec les Soviets.
Tel est, parmi tous les hommes politiques français, le préféré de Mgr. Roncalli. Cette amitié était d’ailleurs tout à fait réciproque.
Avec Roncalli, le trio Roncalli-Marsaudon-Burckhardt devient quartette. Un quartette de Vénérables personnages…


Notes :
  1. Hebblethwaite, Jean XXIII, le Pape du Concile. Ed. Le Centurion 1988, pp. 5.6.
  2. ‘Sodalitium’ n° 25, pp. 10-11.
  3. Dans D. Bonneterre, Le mouvement liturgique. Fideliter 1980, pp. 112-113. Extrait de L. Bouyer, Dom Lambert Beauduin, un homme d’Eglise. Castermann 1964, pp. 180-181.
  4. ‘Sodalitium’ n°22 p. 15
  5. Hebblethwaite, Jean XXIII, le Pape du Concile. Ed. Le Centurion 1987, p. 522.
  6. Bonneterre, Le mouvement liturgique op. cit. pp. 73-74.
  7. Storia della Chiesa dirigée par H. Jedin. Jaca Book 1975, vol. X/1, pp. 221-225.
  8. Cfr Bonneterre, St Pie X et l’intégrisme, dans Fideliter n° 24, p. 62 (Très mauvais article, comme nous l’avons déjà exposé dans ‘Sodalitium’ n° 25, p. 23 note 19).
  9. Hebblethwaite, op. cit. p. 246.
  10. Cité par Hebblethwaite, p. 250.
  11. Cité par Hebblethwaite, p. 248.
  12. Cité par Hebblethwaite, p. 251.
  13. Cité par Hebblethwaite, p. 240.
  14. Cité par Hebblethwaite, p. 249.
  15. Jedin, op. cit., vol. X/2, pp. 555-556.
  16. Hebblethwaite, p. 221.
  17. Glorney Bolton, Il Papa. Longanesi 1970, pp. 233-234.
  18. Hebblethwaite, p. 241.
  19. Bolton, op. cit. p. 238.
  20. Hebblethwaite, p. 249.
  21. Cfr. Hebblethwaite, p. 242. En 1947 Ottaviani envoya à Suhard un questionnaire sur les prêtres-ouvriers, mettant en évidence les problèmes et les dangers de l’expérience sus-dite.
  22. Bolton, op. cit., p. 237.
  23. Wilton Wynn, Custodi del Regno. Frassinelli 1989, p. 50.
  24. Alden Hatch, Giovanni XXIII. Mursia 1964, p. 132.
  25. Hebblethwaite, pp. 252-253.
  26. Hebblethwaite, p. 254.
  27. Renato Farina, Padre De Lubac e la sua banda. Dans “Il Sabato” n. 37, 14 septembre 1991, p. 82.
  28. Sur la “Nouvelle théologie” on peut lire dans ‘Sodalitium’ les articles de:
    • Don Ricossa, Vie et pensée de Wojtyla dans ‘Sodalitium’ n. 19 pp. 20-27.
    • Don Nitoglia, Le Magistère du Concile Vatican II, n. 20 pp. 18-25.
    • Don Nitoglia, Teilhard de Chardin, n. 27 pp. 3-12.
    • Don Nitoglia, Henri de Lubac, dans ce même numéro de ‘Sodalitium’ pp. 7 – 14.

    On trouve en outre une description de la pensée des nouveaux théologiens dans l’œuvre d’Hebblethwaite, dont cette série d’articles est une recension, p. 255. Le résumé qu’en fait par ailleurs Jedin dans “Storia della Chiesa” est court mais intéressant (vol. X/1, pp. 206-207): il y met en relief le néo-origénisme des “nouveaux théologiens”. Reste toujours valable également la critique faite par le Card. Siri dans “Gethsémani. Réflexions sur le mouvement théologique contemporain”. Fraternité de la Très Sainte Vierge Marie, Rome 1980.

  29. Hebblethwaite, p. 256.
  30. Cfr. ce même “Sodalitium” p. 15.
  31. Hebblethwaite, p. 256.
  32. Hebblethwaite, p. 260.
  33. Tanzella, Papa Giovanni. Dehoniane 1983,
    p. 194.
  34. Tanzella, op. cit., p. 196. Sur Mgr. Radini voir ‘Sodalitium’ n. 22 pp. 16-17).
  35. Hebblethwaite, p. 261.
  36. Sur Herriot voir “Sodalitium” n. 27, p.16 ainsi que l’appendice à cet article.
  37. Tanzella, op. cit., pp. 199-200.
  38. Didasco, mai-juin 1981, n. 25, pp. 15-17.
  39. Tiré de Brief Wechsel zwiscen Max Rycher und Carl, J. Burckhardt 1970. Cité dans “Einsicht”, avril 1981, p. 303.
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